Rialto Pathé - Genève 2016

Si on oublie un instant la concurrence que se livrent les exploitants de cinéma en Suisse, lorsqu’un cinéma ferme définitivement ses portes c’est toujours d’une grande tristesse. Sans parler de ce que l’avenir nous prépare avec la perte de sept écrans d’un coup.


Ce dimanche 10 janvier 2016, après bien d’autres salles à Genève, c’était au tour du cinéma Rialto de fermer ses portes… pour toujours. Pour Pathé, exploitant de nombreuses salles en Suisse Romande, l’événement n’avait rien de festif et c’est dans une très très grande discrétion que la salle Rialto, très connue des cinéphiles pour sa place centrale près de la Gare Cornavin de Genève, a fermé les rideaux. Même ceux qui ont assisté aux dernières séances n’étaient pas au courant qu’ils deviendraient les derniers visiteurs de cette salle si connue par les genevois.

Une fois encore des raisons financières…
Et oui, la fermeture des salles de cinéma en Suisse Romande ne touchent pas que les salles indépendantes, personne n’est à l’abri et même pas Pathé. D’ailleurs, sur son site Internet, l’exploitant s’est contenté de relayer ce message:

«C’est avec émotion que nous vous informons de la fermeture du cinéma Pathé Rialto ce dimanche 10 janvier. Nous remercions tous nos spectateurs de leur fidélité à ce cinéma depuis de longues années.»

Le groupe Pathé exploitait le Rialto depuis 2006, mais la salle du cinéma d’origine était devenue un multiplexe très connue en 1993. C’était le plus grand multiplex de Suisse.

On ne peut s’empêcher de corréler cette annonce avec l’ouverture du multiplexe Arena Cinemas La Praille et ses neuf salles flambant neuves. L’offre et la demande n’étaient plus équilibrées selon les calculs de Pathé.

Rialto Pathé - Genève 2016

Rialto Pathé – Genève 2016

Les disparitions s’enchaînent…
La longue liste de disparitions des salles de cinéma s’agrandit et après Le Plaza, le Titanium (Grottes), le Broadway… c’est au tour du Rialto de rejoindre le cimetière des salles disparu. Même si le nombre d’écrans ne diminue pas grâce aux multiplexes, c’est de la perte de diversité qu’il est question à Genève et cela aura bien des conséquences pour le public. Les multiplexes désertent les centres-villes, laissant le champs libre aux salles indépendantes, à la programmation plus pointue.

Malheureusement, la liste risque de s’agrandir dans le courant de l’année et pas seulement à Genève, en Suisse Romande mais dans toute la Suisse. Verra-t-on la disparition des salles de cinéma comme ce fut le cas des vidéos-clubs ? Et quelles salles abriteront les séances en VOST des blockbusters dont le Rialto avait souvent l’exclusivité ?