Mardi, 10 films. Après un lundi de relâche, indépendamment de notre volonté, et parce que nous avions pris goût au voyage stellaire, nous nous sommes jetés dans un aller simple pour les paradis perdus et lointain de celluloïd.


Dans un coin reculé et sauvage de la Pologne, nous avons assisté à la revanche sanglante des animaux sur les chasseurs. Némésis prenait le corps de Janina, une vieille dame solitaire aux apparences inoffensives, engagée dans une mystérieuse série d’assassinats. Voici « Spoor » de la réalisatrice Agnieszka Holland, catégorie Sympathy for Mr. Vengeance. Tout de suite après, nous voici dans la correspondance pour l’Asie qui nous entraîne dans le récit aux contours autobiographiques de « Sweating the Small Stuff », voyage existentiel où le réalisateur, Ryutaro Ninomiya, se met en scène en dragueur à la petite semaine attiré par les vertiges éphémères de l’alcool. Mais tout ça c’était avant. Avant de connaître notre première ivresse au champagne cinématographique de l’édition 2018.

Bien, avant l’heure, le public s’amoncelait déjà dans les escaliers du Spoutnik à la recherche d’une place. C’est complet, disait-on. La rumeur que le film valait le coup d’œil s’était propagée, on ne voulait pas manquer cette occasion. Avec 15 minutes de retard, salle comble, le générique du Black Movie est lancé. Après quatre jours, la musique nous est familière et certains la chantonnent déjà. « How Viktor “the GarlicTook Alexeythe Stud” to the Nursing Home » d’Alexander Hant, section Toi aussi mon fils, raconte l’histoire de Viktor, dit garlic, petite frappe sans le sous mais avec dettes, femme et enfant. Coincé dans un boulot sans issue, il délaisse chaque soir le foyer familial pour aller boire et danser avec ses copains. Apparait alors le père, ex-mafieux sur le déclin, un pied dans la tombe.

Viktor convoite son appartement, mais doit d’abord se débarrasser de ce père qu’il déteste. Il décide de l’emmener dans une maison de retraite située à plusieurs milliers de kilomètres. Road trip électrique aux sonorités brutes d’un hip hop bétonné made in Russia, ouragan qui nous emporte dans les airs pour ne jamais redescendre, le film a l’effet d’une décharge de cent mille volts de bagarre et de vodka. On veut danser, on veut boire, on veut se battre. On en ressort enfiévré, la sensation d’avoir vécu en accéléré.

www.blackmovie.ch