Samedi, 16 films au programme. Nous quittons aujourd’hui les fantasmagories des rives de l’Asie pour nous retrouver dans la brume électrique de la rivière Apa, séparant le Brésil du Paraguay.


Dans cette vaste zone de guerre, des gangs nationalistes s’affrontent des deux côtés de la frontière dans des courses de moto avant de recourir aux flingues. Entre deux feux, une histoire d’amour entre une jeune guarani, reine de la rivière, et un adolescent brésilien. Voici « Don’t Swallow My Heart » du réalisateur Felipe Bragança, présent à la projection, dans la section Les résistantes. Un film à l’esthétique troublante où les travellings motorisés et les paysages crépusculaires planent sur une violence sourde.

Puis nous avons mis le cap sur l’Europe où, sur les bords du Tage, le très beau « O Fantasma » nous emmena sur les pas de Sergio, éboueur lisboète en rut, chasseur d’un plaisir sexuel total. Enfin, ce tour du monde en un jour nous transporta en Afrique du Sud où les tensions sociales attisent le trouble génésique d’un père de famille couvant son homosexualité. C’était « Beauty » d’Olivier Hermanus, catégorie rétroqueer +18. Au sortir de ces transbordements érotico-sentimentaux nos rétines avaient oubliées la pluie qui n’avait de cesse de tomber sur la ville. Le Xanadu s’offrait comme un refuge cosmique et bouillonnant. Il eut été impoli de refuser la main tendue.

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