Jeudi, 15 films. Le festival suit son cours, au gré des scintillements cinématographiques et, aussi, cela est inévitable, de certains engourdissements. Dans la multitude des escales, les premiers sont majoritaires. Pour notre plus grand contentement.


Au cours de ces inlassables voyages autour du globe cinéma, nous n’avions pas encore vu l’Argentine. Son cinéma est pourtant un des plus riches, en productivité comme en diversité. Voilà pourquoi, des trois films projetés à 17h, nous avons opté pour « Taekwondo » de Marco Berger et Martin Farina. Des vacances entre garçons dans une grande maison avec piscine et terrain de tennis, les journées passées à flâner et fainéanter, comme le sont parfois les vacances à fare niente. Souvent nus, Marco Berger et Martin Farina filment le désir très prude de Fernando pour Germán, de Germán pour Fernando, comme épris d’une passion tendre qu’ils auraient peur de brusquer. En résulte un récit où il ne se passe rien, d’où le sentiment d’être peu à peu envahi par une certaine langueur tandis que le film se perd en longueur.

Pour autant, nous ne comptions pas quitter l’Argentine de sitôt. Après l’été, « Hunting Season » nous accueillait à bras ouvert dans l’hiver patagonien. Présenté dans la section « Toi aussi mon fils », le film affiche une belle photographie des paysages du bout du monde dans un triple face-à-face entre un père, son fils et une nature impérieuse. En soirée, nous avons traversé le Pacifique pour nous rendre au Japon, dans le déroutant « Suffering of Ninko » que le réalisateur, Norihiro Niwatsukino, était venue présenter. Histoire d’un moine dont la malédiction est d’être un aimant à femmes, mais aussi à hommes, le film nous a marqué pour ses beaux dessins, iconographies érotiques d’une Japon ancien et fantasmé, réalisés par Niwatsukino lui-même. Autre lieu, autre univers, avait lieu à Fonction : Cinéma une conférence de Yannis Papadaniel, chercheur en anthropologie à l’Université de Lausanne, sur le thème de la mort. Moins lugubre, la soirée s’est poursuivie avec un karaoké dans un temple kaléidoscopique dont le nom nébuleux évoquait le paradis, le Walhalla, l’Élysée ou l’Olympe. C’était le Xanadu.

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