Gods of Egypt d’Alex Proyas

Casting risqué, effets spéciaux risibles, histoire balisée… Alex Proyas est décidément bien loin de ses meilleurs années.


Réalisé par Alex Proyas, à qui l’on doit, entre autres, les excellents « The Crow », « Dark City » et « I Robot », « Gods of Egypt » déçoit sur tous les plans. Quand on sait que le studio de production Lionsgate prévoyait de faire de ce film une nouvelle franchise censée prendre la succession de « Hunger Games »… Au vu du résultat, on peut dire au revoir aux espoirs de franchise des producteurs.

Avec Gerard Butler comme seul acteur véritablement bankable au casting (ndlr : Nikolaj Coster-Waldau, malgré son rôle de Jaime Lannister dans « Game Of Trones » n’est pas encore une garantie au cinéma), Lionsgate a pris un énorme risque et ce même si le film a coûté beaucoup moins cher au studio que les 140 millions de dollars annoncés. En effet, grâce aux rabais fiscaux proposés par l’Australie, où le tournage a pris place, le studio a pu économiser une grosse somme. Le manque de succès en salle aux USA démontre que ce risque n’a pas payé et que Gerard Butler ne jouit plus d’une aura suffisante pour tenir un film à lui tout seul.

Gods of Egypt d’Alex Proyas

Gods of Egypt d’Alex Proyas

De plus, au même titre que le très moyen Gerard Butler, le reste du casting ne propose aucune interprétation qui mérite qu’on s’y attarde. Beaucoup de facteurs entrent en jeu quand on veut juger la performance d’un acteur. Cependant, il devient très difficile de réellement juger le talent d’illustres inconnus quand ceux-ci interprètent des personnages aussi inintéressants que ceux proposés par Alex Proyas.

Dans un univers alternatif où le monde est plat et les dieux égyptiens vivent parmi nous, Horus est sur le point de succéder à son père Osiris alors au pouvoir, quand Seth intervient pour empêcher le couronnement de son neveu et ainsi gouverner à sa place. C’est sous le joug du sanguinaire Seth que le voleur Bek, un simple mortel, tente de rétablir l’ordre des choses et donc de remettre Horus au pouvoir dans l’espoir que celui-ci l’aidera à ramener sa copine Zaya du Royaume des Morts.

Se basant certes sur la mythologie égyptienne, l’équipe de « Gods of Egypt » a délibérément décidé de prendre certaines libertés narratives dans le but de proposer une histoire accessible à tous. De ce fait, Proyas a décidé de mettre en avant des thèmes bateau comme l’amour et le pouvoir, avec ses dangers et ses réussites. Autant le dire tout de suite, sur ces thématiques vues et revues, « Gods of Egypt » ne propose absolument rien de nouveau.

Gods of Egypt d’Alex Proyas

Gods of Egypt d’Alex Proyas

Durant le film, nous faisons la rencontre de plusieurs dieux dont les particularités sont qu’ils sont deux fois plus grands que les mortels, ont de l’or qui coule dans leurs veines et peuvent se transformer en animaux de combat. C’est durant ces phases de transformations, ainsi que durant les scènes de combat, que vous pourrez le plus « apprécier » le travail infâme des techniciens spécialisés dans les effets 3D. Il est toujours dommage de voir en 2016 des effets spéciaux aussi ratés, dans des films qui, de par leur conception, sont destinés à utiliser au maximum les possibilités qu’offrent les ordinateurs actuels. La seule excuse possible à ce raté, c’est qu’ils n’ont pas dû faire les mises à jour qu’Apple demande de faire toutes les semaines… Merci Steve Jobs !

Du point de vue de la réalisation, outre le peu d’âme qu’insuffle Alex Proyas à son film, on peut noter que le rythme est plutôt soutenu et que l’histoire coule sans accrocs, sûrement les seules qualités du film qui permettent aux spectateurs de ne pas quitter la salle de cinéma en demandant à se faire rembourser. En revanche, ces atouts perdent en puissance faute d’une histoire intéressante et de personnages faisant face à des enjeux moins conventionnels. C’est pourquoi on ne peut s’empêcher de compter les minutes qui nous séparent de la fin du film en espérant que le dieu du temps accélérera un peu tout ça.

Après avoir croisé dans ce « Gods of Egypt » la Déesse de l’Amour, le Dieu du Savoir et le Dieu du Soleil, on regrette que le Dieu du Scénario et la Déesse de la Réalisation n’aient pas aussi participé.

Gods of Egypt d’Alex Proyas

Gods of Egypt
D’Alex Proyas
Avec Gerard Butler, Brenton Thwaites, Nikolaj Coster-Waldau, Élodie Yung et Geoffrey Rush
Ascot Elite Films
Sortie le 06/04

« Gods of Egypt » : les dieux sont tombés sur la tête
1.5Note Finale

Une réponse

Laisser un commentaire