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Guðmundur Arnar Guðmundsson d ainsi que ses acteurs Baldur Einarsson et Blær Hinriksson dévoilent un premier film époustouflant à la Mostra di Venezia, qui a attendu sa 73e édition pour présenter pour la première fois un film islandais en compétition.


L’Islande, petit pays isolé au nord de l’Europe, mais qui depuis quelques années propose des films d’une qualité exceptionnelle et Heartstone, magnifique film sur la jeunesse, la découverte de la sexualité et l’homosexualité, ne déroge pas à la règle.

De nombreux films ont déjà traité de ces sujets et il est donc difficile aujourd’hui de proposer une approche innovante. Mais même si Guðmundsson reprend des thèmes vus et revus, il réussi à les traiter avec subtilité et à les transposer à l’écran avec une maitrise surprenante pour une première oeuvre.

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La grande complicité que l’on voit entre les membres de l’équipe notamment lors de leur montée sur scène de la SalaPerla n’est certainement pas étrangère à la qualité de Heartstone. La relation que le réalisateur entretient avec ses acteurs qu’on sent débordants de confiance, lui a permis de pousser ses comédiens à puiser au plus profond d’eux-mêmes des émotions, imprégnant chaque scène d’un réalisme époustouflant.

Grande générosité également des deux acteurs qui livrent à la caméra des scènes intimes, douloureuses ou même dangereuses – saluons le courage de Baldur Einarsson dans la scène où Thor doit descendre une falaise en rappel. Les acteurs n’ont pas eu peur de se mettre à nu, donnant des performances touchantes et qui forcent l’admiration pour des acteurs aussi jeunes et inexpérimentés dans le domaine cinématographique.

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« I never really acted before and my future was to be an actor so I just went for it » déclare Baldur Einarsson sur le Lido. On le sent impressionné sur la scène face au public de la SalaPerla. Une telle spontanéité mêlé à un talent remarquable pour un acteur de cet âge laisse paraître un futur prometteur, et on le lui souhaite !

Sachant peut-être qu’il s’attaquait à des thèmes connus et souvent traités au cinéma ces dernières années, surtout l’homosexualité dont on a vu nombre de films remporter des prix (La vie d’Adèle, Le secret de Brokeback Mountain ou encore A Single Man), Guðmundur Arnar Guðmundsson choisit de rester simple et vrai dans son approche au plus près des sentiments et émotions que les pré-ados peuvent ressentir dans cette période et arrive ainsi à ne pas tomber dans le sentimentalisme simpliste.
En plus du passage de l’enfance à l’adolescence et de la découverte des premiers amours ou chagrin d’amour, le film arrive à traiter de façon claire et sans s’éparpiller, des thèmes eux aussi universels tels que les relations familiales, l’opposition des pensées conservatrices des petits villages face à l’ouverture d’esprit de la capitale tout en accordant toujours, comme la plupart des films islandais, une place importante aux paysages et la relation à la nature.

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Heartstone a été tourné dans un petit village de pêcheurs pittoresque, épargné par la vague de touristes épris de paysages sauvages toujours plus nombreux depuis quelques années. Les paysages immaculés rendent la photographie de Sturla Brandth Grøvlen débordante d’esthétisme et où malgré la pluie et le mauvais temps, la lumière islandaise sublime chaque image.

« C’était la période la plus extrême de ma vie » déclare Guðmundur Arnar Guðmundsson

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nommé à la Mostra di Venezia 2016
de Guðmundur Arnar Guðmundsson
avec Baldur Einarsson et Blær Hinriksson
2016 – 2h09
Islande