Dans les rues sordides et sales d’une petite ville des Appalaches Kip Riley et sa famille rétrécie tente de survivre à la pauvreté et son manège de trafics de drogues et autres petits délits qui pourrissent une vie définitivement. Malgré une volonté de vivre qui se heurte aux pièges du destin, le trio se bat quotidiennement à travers la volonté de Kip, l’aîné.


Un film sombre pour une fresque humaine réaliste et contemporaine d’un des tabous américains : la pauvreté des populations blanches et leurs dérives. Bien que la grande Amérique étoilée brandisse une image de vaillance, de force et réussite blanche, la misère sociale ne regarde pas à la différence. Ainsi, le réalisateur offre une critique d’une jeunesse laissée pour compte dans les recoins du pays emblématique conjuguant volontairement, mal avec la prestance affichée en dehors de ses frontières.

Quelle que soit son amertume et sa tristesse, la facilité avec laquelle l’humain glisse avec un plaisir obscène dans les dépendances l’aidant à oublier pour un temps la douleur du quotidien reste fascinante. Suffisamment pour en tirer un film analytique et psychologiquement lourd. Cette lourdeur est à la mesure du sujet. Une beauté dans le malaise, comme un frisson dans les affres de la peur balayé d’un revers de main et qui s’incruste malgré le désir profond de s’en défaire.

Chaque combat garde des plumes de son guerrier, comme un témoignage à la hauteur du défi. L’ambiance, les décors, les costumes, et même la lumière attestent parfaitement de l’environnement désolant dans lequel les personnages évoluent. Une réalisation moins minimaliste que le nécessite à priori le scénario et qui apporte en fin de compte la touche manquante à l’atrocité de l’ensemble.

Vous regarderez ce long métrage avec une sensation légitime d’inconfort pour mieux s’identifier aux aventures malheureuses des protagonistes. Quel que soit votre vécu, le sentiment de ne pas pouvoir réaliser vos objectifs sans encombre tout simplement vibrera à coups sûr en vous. La volonté de s’en sortir comme on dit est sans cesse contrariée, il faut bien l’admettre, dans nos expériences personnelles ne serait-ce que par leur lenteur d’exécution. Courage ! La vie sert aussi des petits bonheurs auxquels se rattraper.

Une réussite dans le genre, rattrapant la réalité de façon crue, sans hypocrisie ni hurlements. Fantastiquement troublant.

Inherit the Viper
De Anthony Jerjen
Avec Josh Hartnett/Margarita Levieva/Brad William Henke/Chandler Riggs
Lionsgate

Inherit the Viper – L’Enfer de la Misère, une Drogue qui vous veut du Bien
4.0Note Finale