Dans son nouveau seul en scène, Viktor Vincent repousse une nouvelle fois les limites de son art. Dans l’ambiance des années 30 aux États-Unis, il crée autour de lui un cirque imaginaire où s’expriment les performances mentales les plus folles et les expériences les plus bluffantes. Ici le pouvoir change de main, c’est le public qui s’en empare se découvrant des capacités insoupçonnées et des dons qui confèrent aux miracles… Rencontre avec Viktor Vincent qui sera de passage en Suisse le 20 février à Yverdon-Les-Bains (La Marive), le 21 février au Théâtre du Léman, le 22 février à Saint-Maurice (Théâtre du Martolet)


Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, qui est Viktor Vincent ?
Je suis un homme de spectacle, quelqu’un qui utilise des choses rationnelles pour créer des choses qui semblent irrationnelles dans le but de divertir le maximum de gens possible.

Vous avez un diplôme de réalisation cinématographique, comment êtes-vous arrivé vers le mentalisme ?
Je m’intéresse effectivement beaucoup au cinéma. J’ai fait des études classiques, puis après, j’ai fait aussi des études de cinéma parce que je voulais être derrière la caméra, je voulais réaliser. D’ailleurs, c’est quelque chose que je veux toujours. Je développe encore certaines choses de ce côté, même si ça ne se voit pas forcément. Mais le cinéma m’attire énormément parce qu’il y a une ambiance forcément qui est différente de celle qu’on peut trouver dans les spectacles. Même si je fais toujours en sorte de construire mes spectacles un peu comme un film.

Donc, le cinéma et le mentalisme font partie de votre spectacle ?
Dans mon spectacle, l’action se déroule dans les années 30 à New York. Donc, déjà, c’est un endroit qui est très cinématographique. On parle de Chaplin aussi dans le spectacle. La musique aussi a été traitée. J’ai traité la musique des années 30. C’était un choix de le faire, non pas avec du charleston ou autre chose, mais de le faire comme le cinéma l’aurait fait. C’est Romain Trouillet qui a fait la musique de ce spectacle, qui fait beaucoup de musique pour le cinéma et qui a fait un travail génial comme d’habitude, parce que cet homme est un génie. Et ça donne tout de suite quelque chose de très cinématographique au spectacle.

Vous avez fait des passages très remarqués à la télévision française. Y a-t-il une difficulté en particulière entre la scène et la télé ?
Je peux faire mon métier soit dans les salles de spectacle, donc en direct au théâtre, ou alors effectivement, à la télévision. Ce n’est pas vraiment la même chose parce qu’à la télévision, on peut vraiment aller n’importe où. Dans plusieurs émissions j’ai eu la chance d’aller dans des casinos, aller dans des supermarchés qui étaient complètement fermés pour un invité et l’amener quelque part ou sur les quais de Seine. Disons que le terrain de jeu est beaucoup plus grand, et donc on peut vraiment s’amuser. Après, mon vrai métier, c’est au théâtre. Le vivre avec des personnes différentes tous les soirs et essayer de rentrer dans l’esprit de tout le monde. C’est ça qui me plaît.

Sans trop dévoiler, qu’est-ce qu’on va découvrir dans votre nouveau spectacle « Mental Circus »?
Moi, j’utilise le mentalisme pour deux choses. J’utilise pour raconter des histoires, comme on le fait au cinéma. Mais les raconter de manière extrêmement immersive. Contrairement à une pièce de théâtre classique. Il y a vraiment une interaction entre la scène et la salle. Une vraie perméabilité. Ça, c’est une première chose. Et puis la deuxième, c’est que j’utilise le mentalisme pour me connecter avec les gens, pour faire en sorte qu’ils se sentent bien, pour les écouter, pour que lorsqu’ils montent sur scène, ils se sentent complètement à l’aise. Ça, c’est très important pour moi. Comme je dis souvent, je les reçois comme chez moi et quand on reçoit quelqu’un chez soi on a envie qu’ils se sentent bien. Donc, là, c’est exactement la même chose. Je veux que toutes les personnes qui montent sur scène gardent un très beau souvenir. Et puis comme toutes les personnes qui viennent voir le spectacle, puissent rentrer chez elles avec un grand sourire, avec des étoiles plein la tête et plein les yeux, et qui puisse se demander si tout cela était vraiment possible.

Vous êtes déjà venu plusieurs fois en Suisse, non ?
J’ai eu la chance de jouer plusieurs fois en Suisse. Mon ancien spectacle « Les liens invisibles », par exemple. Je joue au Théâtre du Léman le 21 février 2020. Mais je connais cette salle parce que j’ai joué aussi avec Arturo Brachetti. Nous étions restés quinze jours avec le « Comedy Magic Show » et c’est une salle que j’aime beaucoup parce qu’il n’y a pas de mauvaise place, parce qu’il y a un rapport scène/salle qui est vraiment très bien, parce que même s’il y a 1400 places, c’est bien. Il y a un vrai rapport humain entre eux, entre la scène et la salle. Ça me plaît. C’est aussi pour ça que je viens ici et c’est toujours un vrai plaisir d’être en Suisse.

Comment trouvez-vous le public suisse ?
Ah le public suisse est très exigeant et sait faire la fête. Donc, en fait, c’est deux choses parfaites. Il y a une vraie culture du spectacle. J’ai la sensation que chez vous il y a vraiment beaucoup d’offres parce qu’il y a aussi beaucoup de demandes. Et vous savez vous amuser… en France aussi on sait s’amuser !

Quel est le film qui vous a le plus marqué ?
Les films qui m’ont marqué. Il y en a eu beaucoup. Et puis, tous les ans, j’ai un film préféré qui change. Alors, il y a eu beaucoup d’Almodóvar dans mes films favoris. Il y a eu du Wong Kar-Wai aussi. 2046, par exemple. « In the Mood for Love », par exemple. Mais c’est très difficile de choisir un film comme ça, qui pourrait être mon film favori. Après, dans le monde magique, on va dire, parce que faut créer un rapport, le film le « Prestige » de Christopher Nolan, que j’aime beaucoup. D’abord, j’aime le réalisateur. Et puis, ce film, vraiment, est magnifique parce que la narration est totalement éclatée, ce qui fait qu’on peut même regarder ce film dix fois, vingt fois. On est toujours surpris parce que la narration est vraiment biscornue et c’est vraiment agréable.

Pour revenir à vos débuts. Le cinéma était mieux avant ?
Ce n’était pas mieux avant. Ce n’est pas mieux maintenant. C’est tout dépend de qui regarde. C’est-à-dire qu’effectivement, il y a des films plus anciens qui manquent de rythme ou autre chose… mais ça été adapté au public qui le regardait. Il faut passer un peu outre tout ça. Je ne suis pas du genre à regarder le passé avec beaucoup de hauteur. J’ai beaucoup de respect pour le passé. J’aime la poussière. J’aime le voile de mystère que ça donne sur les choses. Donc, j’aime le vieux cinéma et j’aime le cinéma aussi d’aujourd’hui, c’est-à-dire, je peux très bien regarder un film d’Ingmar Bergman et regarder « Avengers » par exemple, parce que j’aime ce genre…. J’aime le cinéma avec un grand C.

Le film que vous attendez le plus en 2020 ?
Malheureusement, je dois vous l’avouer, j’ai plus beaucoup de temps pour aller au cinéma. Parce qu’évidemment, le soir, je suis sur scène et donc je regarde plus les films à la maison. Mais de temps en temps, j’essaie d’aller le matin. Je regarde un peu les sorties. Je regarde ce qui sort. Et puis j’y vais au petit bonheur. Mais je suis toujours curieux de voir ce qui se fait dans le cinéma français et dans le cinéma étranger.

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