Pour sa 10e édition, le festival reçoit l’actrice et productrice Jane Fonda qui recevra le Prix Lumière, le vendredi 19 octobre au Centre des Congrès de Lyon. L’actrice a surpris l’ensemble du festival en arrivant inopinément à l’institut Lumière pour la projection du Retour d’Hal Ashby.


Dans l’après-midi du jeudi 18 octobre, la radio officielle du festival, qui se trouve au sein du village Lumière, annonce une rumeur : Jane Fonda fera une apparition au « Hangar du premier Film vers 19h ». L’annonce se propage aussitôt.

Aux alentours de 18h30, les journalistes, les photographes et quelques admirateurs attendent l’arrivée de l’actrice. Certains viennent, mais ne savent pas ce qu’il se passe. Les uns pensent que c’est Bernard Lavillier qui apparaîtra, les autres veulent se rassurer en demandant autour d’eux si c’est bien Jane Fonda que nous attendons. Le doute plane. Et si elle ne venait pas ?

La présence de Thierry Frémaux et de trois gardes du corps permettent aux esprits les plus agités de se rassurer et d’attendre impatiemment le regard tourné vers le fond de la rue du Premier Film pour ne pas rater l’arrivée de la voiture officielle du festival. Ce dernier s’adresse à tout le monde avec humour pour expliquer qu’il faudra laisser un peu de place sur sa droite, afin que l’actrice puisse passer sans être trop oppressée. Il ajoute : « il serait bien de se séparer des appareils photo pour applaudir cette arrivée prestigieuse ». À peine les sourires effacés, la voiture tant attendue quitte la rue Villon et avance vers le Hangar. La star est là. Le directeur de l’institut Lumière accueille Jane Fonda en la prenant amicalement dans ses bras. Les photographes se déchaînent. Les applaudissements accompagnent le rythme des dizaines de flashs.

Parmi les multiples appels, pour que la star regarde les objectifs, se dégage un « merci » tendre et reconnaissant. Thierry Frémaux invite l’actrice à le rejoindre pour qu’il puisse lui montrer un « endroit très spécial » : celui où Louis Lumière plaça son nouvel appareil – le cinématographe – en face de l’actuel Hangar pour filmer, le 19 mars 1895, ce qui deviendra la célèbre Sortie de l’usine Lumière.

Après avoir attentivement écouté les explications du délégué général du festival de Cannes, Jane Fonda se dirige vers le Hangar du premier Film pour rejoindre la salle de cinéma qui accueille beaucoup plus de cinéphiles qu’elle ne le devrait en temps normal. Les photographes prennent de l’avance en entrant dans la salle sans de réelles autorisations et enjambent les personnes qui n’ont pas eu la chance d’avoir un siège, et qui sont donc assises sur les marches. Bien installées, plusieurs personnes leur demandent si Jane Fonda sera présente pour donner quelques commentaires au sujet du film qu’ils sont innocemment venus apprécier. Heureusement, en évoquant le film, Thierry Frémaux a l’immense privilège d’annoncer sa présence, et dissipe ainsi les angoisses de certains. Jane Fonda descend lentement les marches pour aller au-devant de ce public qui l’applaudit chaleureusement.

Étonnée, émue et intimidé, elle ne cache pas la joie que lui suscite cet accueil magistral. Il lui faut quelques instants pour reprendre son souffle et s’adresser à cette salle comble. Elle remercie le public et le festival Lumière pour son accueil et leur invitation. Elle enchaîne avec un français parfait : « Cela fait plus de cinquante ans que je ne suis pas venue à Lyon… « . Il est difficile d’apercevoir tout ce temps passé sur son visage… Pendant une quinzaine de minutes, elle présente le Retour, un film qui l’a profondément marqué. Le regard levé vers le ciel, elle remercie le réalisateur Hal Ashby de lui avoir permis de vivre cette aventure. Au moment de partir, la salle se lève avec révérence. Jane Fonda est arrivée à Lyon.

www.festival-lumiere.org

A propos de l'auteur

« Désespoir, amour et liberté. L’amour. L’espoir. La recherche du temps perdu. » Comme Pierrot, j’aime la Littérature. Comme Godard, j’aime le cinéma. Après avoir étudié la Philosophie à l’université de Lyon III, je poursuis mes études en Master de Littérature et français moderne à Genève pour me diriger vers l’enseignement et le journalisme. L’écriture et le cinéma : un univers en perpétuel mouvement que je suis heureux de partager. Godard ne disait-il pas : « Avec le cinéma, on parle de tout, on arrive à tout ». De quoi assouvir mon inlassable curiosité.

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