8 C
Munich
mercredi, mai 29, 2024
- Publicité -

Le Corbusier à Chandigarh : La force de l’utopie, ou comment la Suisse et l’Inde (d) étonnent

L'image du billet de 10 CHF est indienne !

Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

A l’occasion des 70 ans de la ville créée par Charles-Édouard Jeanneret-Gris en Inde, connu sous le nom du Corbusier, 2 cinéastes Suisses allemands se rendirent sur place afin d’en explorer son évolution, sa régression et les avis des habitant-e-s quant à ces lieux et environs.


Karin Bucher et Thomas Karrer, déjà réalisatrice-teur quant au documentaire « Secret et guérisseurs – entre croyances et connaissance » diffusé dans les salles suisses en 2020, voyagèrent cette fois-ci à l’autre bout du monde, en Inde à Chandigarh. Capitale des États du Penjab et Haryana, cette ville se développa soudainement quelques années après l’indépendance de Bharat (l’Inde en hindi) par le biais dudit architecte utopiste et avant-gardiste. Le reportage des Helvètes explique et démontre les points positifs et négatifs de cette ville qui était prévue comme temporaire. Mais aussi de la manière dont vivent les résident-e-s, celles et ceux des environs et à quel point à présent, cette cité divise.

Alors que l’immense majorité des villes indiennes demeurent bruyantes, stressantes et où les systèmes de castes interviennent encore très souvent, à Chandigarh, de nombreux us et coutumes diffèrent.

Ces principes se voient dès les premières images, notamment au travers de la vue aérienne des incroyables zones vertes de la capitale. Qui sont d’ailleurs, les rares parcs autant grands implantés directement au sein d’une vaste ville indienne.

Les principaux changements par rapport à leur mode de vie, s’avèrent être le calme et le sentiment d’apaisement. Car entre les tuk-tuks, les camions ou encore les automobiles roulant de manière fluide à Chandigarh grâce aux culs-de -sac volontairement construits dans ce but, la manière de vivre reste très appréciable.

L’étroite collaboration entre Le Corbusier et ses proches collaborateurs-trices, Indiens comme Suisses permis notamment, ce genre d’avancées. Car si la demande émana du Gouvernement indien pour créer une ville utopique relativement bétonnée, en briques et des barrières vertes, ce fut avant tout afin d’éviter une potentielle nouvelle guerre locale.

En effet, suite à l’indépendance de l’Inde en 1947 et la capitale Lahore devenue pakistanaise, les chefs d’États de l’époque, pensèrent à fabriquer une nouvelle cité, le « Fort de Chandi ». Soit, un hommage à la déesse hindoue Chandi qui est connue pour être une guerrière combattant le mal, l’égoïsme ou la rancune des humains.

Cette gratitude envers elle, se développa également au travers des « 7 voies de circulation ». Ainsi, la déesse est représentée au travers de cette ville. De sa tête, représentée par l’un des quartiers principaux, à ses bras en passant par ses poumons (les magnifiques parcs) et toutes les artères qui sont amplifiées par les habitations.

Néanmoins et comme le montrent les 2 cinéastes suisses, Chandigarh n’apporte pas que des avantages. En effet, depuis que le capitalisme est aussi arrivé en Inde, ces lieux autrefois accessibles à toutes et tous, deviennent toujours plus chers et créent de la jalousie.

Ainsi et malgré la bonne volonté édictée par Le Corbusier et les dirigeants indiens d’alors, plusieurs bidonvilles se fabriquèrent et les forêts environnantes aux abords, se détruisent. Prévue pour environ 500’000 personnes, Chandigarh abrite actuellement, un peu plus d’1 million d’Indiens-iennes.

Si de nombreux autres sujets sont abordés au sein du documentaire, à l’exemple du développement culturel, de l’entretien des façades des bâtiments jusqu’aux parcs, « Le Corbusier à Chandigarh : La force de l’utopie » reste intéressant, parfois surprenant, mais trop long.

En outre et par rapport au public suisse friand de reportages ou non, la barrière de la langue peut poser problème. Pas forcément celle de l’anglais, toujours exprimée par les Indiens-iennes, mais plus par rapport à l’allemand. Car même si les sous-titrages en français ont été faits, un tel documentaire s’avérerait davantage pertinent en hindi et en anglais pour les parties occidentales.

Quoiqu’il en soit, « Le Corbusier à Chandigarh : La force de l’utopie » s’avère être un lieu à part. Il faut également espérer une belle longévité à cet endroit, car ses différences le rendent davantage puissant, intense et magnifique.

Le Corbusier à Chandigarh: La force de l’utopie
CH – 2023
Durée: 1h34 min
Documentaire
Réalisatrice-teur: Karin Bucher, Thomas Karrer
Cineworx
04.10.2023 au cinéma

Article précédent
Article suivant
- Publicité -

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

- Publicité -