Le Goût des merveilles

Dans la charmante campagne drômoise, Louise se démène avec ses deux enfants pour faire survivre l’exploitation arboricole de son défunt mari. Un jour, en rentrant en voiture du marché où elle vend ses poires, elle percute sans gravité un jeune homme, Pierre, dont on comprendra assez rapidement qu’il est atteint d’une forme d’autisme.

Débute ainsi une relation courtoise entre Louise et le jeune homme, qui pourrait bien affecter le quotidien des deux personnages. Puisque le film joue la carte de la candeur, tous les choix narratifs et visuels vont dans ce sens. Il en ressort un long-métrage doux et agréable mais quasiment sans nuances de ton. La réalisation, quand elle n’est pas purement fonctionnelle, appuie niaisement l’harmonie de la vie champêtre, à grand renfort de plans de nature aux couleurs exacerbées. Le handicap de Pierre n’est (presque) jamais traité comme un problème mais, au contraire, comme un moyen d’apporter encore plus d’innocence et d’ingénuité au film. Ce parti-pris empêche le film de dépasser son esthétique utopiste, même dans les rares moments de crise. Il ne manquait plus à l’ensemble qu’une musique banale et doucereuse pour que le film ne franchisse la limite de la naïveté. Seulement, le principal problème reste que ce long-métrage ne parvient jamais à s’élever, ni du côté du dramatique, ni dans le domaine comique : jamais vraiment sérieux, mais aussi jamais drôle. Pour une comédie dramatique, c’est bien dommage. Toutefois, il faut reconnaître qu’au milieu de cette pureté souvent indigeste, le film parvient à arracher quelques sourires, surtout grâce à un duo d’acteurs principaux certes inconstants, mais qui nous donnerait presque envie de croire à leur vision émerveillée de la vie.


Le Goût des Merveilles – Bande Annonce par TheDailyMovies

Le Goût des merveilles

Le Goût des merveilles
D’Eric Besnard
Avec Virginie Efira et Benjamin Lavernhe
Pathé Films
Sortie le 16/12