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22 septembre 2021

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Le Male Gaze : qu’est-ce que c’est ?

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Le male gaze (« regard masculin ») désigne le point de vue dominant dans les productions visuelles – cinéma y compris : celui d’un spectateur masculin. Explications et décryptage.


Le terme male gaze provient des études menées par la théoricienne du cinéma britannique Laura Mulvey. Il apparaît dans son essai Visual Pleasure and Narrative Cinema publié en 1975. Cet ouvrage présente une recherche : celle analysant les liens entre un le plaisir qui naît d’une observation et la narration telle qu’elle est construite au cinéma.  L’observation majeure, largement reprise dans différents milieux, tire une conclusion simple : les productions visuelles (cinéma, séries télévisées, jeux vidéo, publicité) adoptent par défaut un point de vue plaisant pour un spectateur masculin et hétérosexuel.

On l’observe par exemple lors de scènes où les plans de caméra s’attardent sur des corps féminins passifs, presque décoratifs, présents dans le champ à des fins esthétiques ; il s’agit bien fréquemment d’un point de vue présentant un corps féminin soumis à un regard masculin. Sous des apparences de neutralité, cette représentation correspond finalement à une vision genrée et sexualisée de l’environnement. Les approches sous ce prisme dominent l’ensemble des productions visuelles : on en trouvera facilement, qu’on se réfère aux jeux vidéo (les plans appuyés sur Lara Croft sont peut-être parmi les plus marquants), aux séries (la récurrence de figurantes nues a fini par lasser les fans même les plus assidus de Game of Thrones) ou au cinéma.

Cette notion de regard masculin, entrée de plus en plus dans le langage commun, mène à se poser une question essentielle dans l’étude des arts : celle du point de vue. C’est que ce dernier influe considérablement la manière de raconter. Au cinéma, c’est là que s’opposent diamétralement des manières de montrer – il y a un monde entre l’histoire d’amour, tout en gros plans voyeuristes sur les corps et manières affectées, de La Vie d’Adèle (Kechiche, 2013) et celle, sans artifices spectaculaires, de Portrait de la jeune fille en feu (Sciamma, 2019).

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