Suite à de nombreuses affaires et plaintes déposées par plusieurs jeunes idoles Japonaises, le réalisateur Kōji Fukada décida de se pencher sur ces situations qui l’impactèrent. Il en découla son intéressant et perspicace long-métrage.

Mai fait partie du groupe Happy Fanfare, qui connaît un succès mitigé dans le large milieu de la J-Pop, la pop japonaise. Motivée et persévérante, elle va pourtant entraver consciemment une règle primordiale au sein de cet univers culturel très surveillé et stricte : Tombée amoureuse, de Kei en l’occurrence. Assumant la situation, elle sera tout de même amenée devant l’instance judiciaire japonaise contre son imprésario et l’agence l’encadrant à la suite de la violation de son contrat. Tacitement et instinctivement, les 2 tourtereaux se soutiendront face à la machine et engrenage procédurier afin d’avoir le droit de s’aimer. Mais cela ne sera pas sans risques…
En 2016 et plus ou moins simultanément à la sortie de son mémorable et dramatique long-métrage « Harmonium », Kōji Fukada décida de s’investir et concrétiser son nouveau projet cinématographique. C’est à la suite de la lecture d’un article, interpellant et malaisant, que le projet naquit.
Si ses idées fusèrent assez rapidement, entre les lignes de conduite scénaristiques à définir et les soutiens financiers à trouver, « Love on Trial » fut finalement distribué une décennie plus tard.
Après avoir mené ses recherches et différentes rencontres dans le milieu des idoles musicales, il réalisa que cette industrie très, et trop, masculine au Japon, soumet beaucoup de pression auprès des femmes.

Afin de respecter et filmer au mieux les gestes, codes et attitudes cachées de cette culture, la comédienne Kyōko Saitō fut choisie par le metteur en scène pour plusieurs raisons.
Car avant de commencer sa carrière cinématographique, Kyōko Saitō fut chanteuse au sein du groupe de J-Pop, « Hinatazaka46 ». Totalement inconnue en Europe, sa prestation dans « Love on Trial » se remarque grâce à sa détermination et à son calme maintenu malgré ses problèmes.
Quant à « Kei », magnifiquement interprété par Yuki Kura (« Shōgun »), il percutera et troublera « Mai » au travers de leur relation amoureuse. Mais le jeune homme a une autre manière de vivre assez différente. Moins borné et téméraire, il pense davantage à son (leur) futur que les combats actuels…

Outre les sujets complexes susmentionnés, « Love on Trial » en aborde habilement de nombreux autres. Il permet ainsi au public, d’en apprendre plus par rapport aux différentes inégalités au Japon et au sein de la J-Pop.
Mais les scénaristes ne se limitèrent pas à 2 thématiques et à ladite culture fascinante et singulière. Les dommages émotionnels et psychologiques ne furent pas oubliés et démontrent que la plus noble des images de soi, peut être facilement brisée.
Très soigné, efficace et parfois surprenant, « Love on Trial » s’apprécie pour sa linéarité et son côté fictionnel proche de la réalité. Dénonciateur mais sans violence, son humanité et individualisme suscitent également une saine interpellation.
Cette fiction s’adresse d’une part aux personnes désireuses de mieux comprendre les méandres des métiers culturels et de l’autre, aux gens souhaitant en savoir davantage par rapport aux différents aspects juridiques provenant du pays du Soleil Levant.










Love on Trial
JAP – 2025
Durée: 2h04 min
Drame
Réalisateur: Kôji Fukada
Avec: Kyōko Saitō, Yuki Kura, Erika Karata, Kenjiro Tsuda, Atsushi Hashimoto
Trigon Film
10.06.2026 au cinéma



