La 18ème édition du Lausanne Underground Film & Music Festival tire la prise après cinq jours d’effervescence artistiques et d’expérimentations multiples. En totalisant 9’000 visiteurs·trices, le LUFF a su montré son importance dans le paysage culturel suisse proposant une programmation riche et pointue.


Des œuvres et des performances rares et indispensables démontrant l’importance et la nécessité de la contre-culture et ses productions. Le LUFF réaffirme ainsi son travail de reconnaissance des œuvres souterraines qu’il promeut vers un plus large public. Pour ce 18ème anniversaire, la fréquentation reste stable présageant ainsi une belle entrée dans l’âge adulte.

Faisant fréquemment salle comble, les compétitions internationales ont a nouveau conquis le public lausannois. Les deux jurys internationaux ont récompensés quatre films pour leur radicalité et fraicheur :

Meilleur long métrage : The Wolf House, Joaquin Cociña et Cristobal León, 2018, Chili/Alemagne
Meilleur court métrage expérimentaux : The Stone Guest, Marina Fomenko, 2018, Russie
Meilleur court métrage fiction : Great Choice, Robin Comisar, 2018, Etats-Unis
Meilleur court métrage animation : Slug Life, Sophie Koko Gate, 2019, Royaume-Uni
Mention spéciale court métrage animation : You Are Overreacting, Karina Paciorkowska, 2019, Pologne

Carton plein pour la cérémonie d’ouverture qui attirait près de 500 spectateurs pour la projection du nouveau court métrage Extazus de Bertrand Mandico suivi par la comédie satirique Greener Grass de Jocelyn DeBoer et Dawn Luebbe. En parallèle des compétitions, les cinéramas ont réussi à convaincre les spectateurs·trices. Cette édition aura été fortement marquée par les rétrospectives consacrées à Derek Jarman et Barbara Hammer, deux figures pionnières incontournables du cinéma queer et expérimental. Celles-ci ont été présentées par l’écrivain, journaliste, critique de cinéma Didier Roth Bettoni. On notera également le dyptique consacrée à l’oeuvre de Penny Slinger ou encore la LUFF Education, ou quand le cinéma éducatif devient subversif qui ont totalement dérapés de leurs buts initiaux.

Dans les tréfonds de la Salle des Fêtes, la programmation musicale a maintenu son rôle de tête chercheuse. La soirée de vendredi a particulièrement été saluée grâce à la performance hypnotique de Robert Aiki Aubrey Lowe mélangeant synthé modulaire et voix pour un résultat proche de la transe, du concert fracassant d’evicshen malmenant le public ou encore rkss, artiste déconstruisant et questionnant la pop culture.

On relèvera également la performance de la britannique Aja mêlant techno, noise et gabber qui a transformé la salle en véritable dancefloor. La soirée de clôture aura été marquée par la venue événement de la compositrice argentine Beatriz Ferreyra, avec une carrière de plus de 50 ans, qui fut l’une des premières à utiliser l’ordinateur comme instrument de musique. On peut également citer le final à l’antipode de l’apothéose du groupe américain Title TK qui a, néanmoins, enjoué le public.

La section OFF – volet entièrement gratuit du festival – a de nouveau affirmé sa popularité auprès des visiteurs·trices. En collaboration avec le collectif franco-belge SILO, L’OFF a proposé une multitude de productions souterraines et DIY entre radio éphémère, atelier divers, duplication k7, presse typographique, bal acoustique et création de fanzines.

Rendez-vous du 14 au 18 octobre 2020 pour la 19ème édition du Lausanne Underground Film & Music Festival !

[Source : Communiqué de presse]