Bollywood s’invite sur la Piazza Grande pour clôturer onze jours de festivités de la plus belle des manières. Attendu comme le blockbuster de l’été en Inde, «Mohenjo Daro» est un film d’aventure familial qui fait du bien


Clôturer le Festival de Film de Locarno par un feelgood bollywoodien bourré d’action, et en plein air ? Quelle belle idée. D’autant plus que Mohenjo Daro est un blockbuster sans faille, un film d’aventure sur fond d’histoire universelle, d’une efficacité redoutable. Un bel exemple de grand divertissement réussi, genre dans lequel Hollywood semble s’être peu à peu égaré ces dernières années. Quinze ans après son premier passage au festival tessinois avec Lagaan – lauréat du prix du public, Ashutosh Gowariker redonne de sa valeur au grand spectacle et à la fantaisie.

Mohenjo Daro

Mohenjo Daro

En 2016 av. J.-C (oui, oui), à l’époque préhistorique de la civilisation de la vallée de l’Indus, la cupidité d’un homme est sur le point de détruire l’une des plus anciennes villes du monde, Mohenjo Daro. À la tête du pouvoir, il ment à son peuple et prive une partie des villages voisins de l’eau du fleuve en construisant un barrage destiné à la récolte d’or. Sarman, un jeune homme courageux qui n’hésite pas à empaler les crocodiles, décide de se rendre à la ville suite à un rêve dans lequel une licorne l’appelle à accomplir son destin (si, si).

Déçu par l’avarice et la méchanceté des citadins, l’homme revient sur ses pas. Jusqu’à ce que la beauté envoutante de Chaani, la fille du prêtre, prédite pour donner naissance à une nouvelle ère, ne le pousse à rester. Mais la jeune femme est promise à Moonja, le fils du chef du sénat, réputé pour sa brutalité et sa cruauté. Sarman va peu à peu déceler la corruption des chefs du pouvoir et tenter d’établir le Nouvel Ordre, à travers des épreuves épiques qui révèleront peu à peu son identité et son lien fort à Mohenjo Daro.

Mohenjo Daro

Mohenjo Daro

Si l’histoire semble répéter un schéma classique du péplum et du film d’aventure familial, jamais elle ne faiblit ou s’égare. L’écriture du scénario permet une tenue et un rythme impeccables, non dénuée d’un intérêt historique et moral malgré sa simplicité. Elle se tient au contraire dans ses enjeux, ses personnages pertinemment mis en valeur dans leur archétype, un humour ravageur, et l’évolution constante de son récit. Ashutosh Gowariker se concentre sur sa mise en scène et son sens du spectacle, un souci du détail qui fait la beauté de chaque tableau. Les costumes et les décors justement étudiés font prendre une dimension exaltante aux scènes de danses bollywoodiennes, dont la musique «kitsch» de A.R Rahman nous rappelle avec nostalgie les music-halls Disney des années 90. Mohenjo Daro scintille.

Mohenjo Daro

Mohenjo Daro

L’action n’est pas en reste et la violence non dissimulée, comme cette chorégraphie épique d’un combat en arène où notre héros se retrouve face à deux géants de Cro-Magnon. Mais la véritable force du film réside dans sa capacité à flouter l’invraisemblance et à masquer certains faux pas visuels, en laissant resplendir la fantaisie d’un excellent divertissement.

Mohenjo Daro
Festival del Film Locarno – Piazza Grande (Closing film)
De Ashutosh Gowariker
Avec Hrithik Roshan, Pooja Hegde, Kabir Bedi
Sortie Romande : 24 août 2016

Mohenjo Daro - 69ème Festival del Film Locarno
4.0Note Finale
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