A l’image du jour précédent, la journée commence avec une sélection de court-métrages – cette fois asiatiques – mais tournant toujours principalement autour des thèmes de la technologie et du futur.


Si cela se tient pour un festival de films fantastiques, on regrette la relégation au second plan du cinéma horrifique au profit d’une vibe sci-fi plus grand public. Mention spéciale à la comédie musicale chinoise sur le voyage dans le temps (et l’amoûûûr), bien absurde comme il faut.

Detour de Christopher Smith

Detour de Christopher Smith

On enchaîne quasi-immédiatement avec « Detour » (Compétition Internationale), l’un des films les plus attendus par l’équipe du Daily Movies présente au NIFFF – que voulez-vous, on est tous très fans de Christopher Smith, dont l’interview sera d’ailleurs bientôt par ici ! Sans grande surprise, une réussite pour le britannique qui prouve ici qu’il sait toujours jouer avec les nerfs et la perception du temps de son public sans jamais en faire trop. Comme mentionné dans notre grille de lecture (ici, avec des résumés de l’intégralité des films visionnés par l’équipe), on regrette l’accent forcé d’Emory Cohen (qui, erratum, est bien américain, ce qui rend toute cette affaire encore plus absurde), à grand renfort d’argot exagéré et d’airs pseudo-dangereux. Distrayant, et pas dans le bon sens.

On reste bien assis aux Arcades pour le troisième film de la journée, le premier long-métrage d’Oz Perkins (acteur et fils d’Anthony Perkins, royauté du cinéma horrifique s’il en est), le lent et captivant « February (The Blackcoat’s Daughter) » (Compétition Internationale). Son rythme aura divisé le public – un certain nombre de gens ayant quitté les lieux au milieu de la projection – mais c’est aussi son plus grand atout : la tension monte de la manière la plus organique qui soit, et le film n’a jamais besoin de se servir de jump scares faciles pour terrifier le spectateur. Avec un jeu d’acteur excellent de tous les côtés – mention spéciale à Kiernan Shipka, glaçante – et une cinématographie très indie (avec, malheureusement, la lumière un poil ratée qui vient avec), on tient ici un futur classique, pour peu qu’on sache faire preuve d’un minimum de patience.

The Lure de Agnieszka Smoczyńska

The Lure de Agnieszka Smoczyńska

Pour le dernier film de notre quasi-résidence aux Arcades, « The Lure » (Compétition Internationale) fera office de dépaysement : quoi de plus exotique qu’une comédie musicale polonaise basée sur La « Petite Sirène » d’Andersen ? Encore une fois, un de ces films qui divisera sans aucun doute le public présent : pour peu qu’on sache apprécier un minimum d’absurdité contrôlée, une cinématographie kitsch mais magnifique (un petit big up à Baz Luhrmann, qui a certainement inspiré en partie les visuels) et les synthés, c’est là un très bel OVNI particulièrement réussi.

Retour au Temple du Bas pour le traditionnel Ultra Movies de minuit, ce soir-là avec « Schneider vs Bax », une comédie cynique sur fond de tueurs à gage et de retournements de situation. Un excellent film de festival de par son humour corrosif, qui souffre malheureusement d’un rythme inégal et de personnages peu développés. Un très bon moment tout de même, et le soulagement de voir un film un peu plus léger afin d’aller se coucher l’esprit clair. A demain !

[Jillian Blandenier]

www.nifff.ch

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