C’est déjà la moitié de la semaine au NIFFF, et , comme toujours, de super films sont au programme de ce mercredi, dont plusieurs réalisations de John Carpenter. Il fallait cependant faire des choix pour diversifier son programme, aussi tentant était-il de simplement suivre la rétrospective Carpenter. Des films of the third kind, des ultra movies, et, évidemment, du Carpenter : petit retour sur la journée.


A Conspiracy Of Faith

A Conspiracy Of Faith

Ce fut donc avec un départ en beauté que nous avons visionné en début d’après-midi « A Conspiracy Of Faith » (Films Of The Third Kind, dont on a déjà parlé par ici ) par Hans Peter Moland. Le réalisateur met en scène une histoire glaçante, fidèle à l’atmosphère tendue des polars scandinaves nous tenant en haleine du début à la fin. Nous y suivons deux inspecteurs partant sur les traces d’enfants disparus dont les parents ne signalent pas l’absence. Plus étrange encore, tous ces enfants sont issus de familles pratiquant avec ferveur la même religion. Le thriller faisant partie d’une trilogie, les acteurs n’en sont pas à leur premier film ensemble et ça se voit. La performance en particulier de Nikolaj Lie Kaas (l’inspecteur Carl Morck) est à souligner ainsi que celle glaçante du serial killer joué par Pål Sverre Valheim Hagen. Moland fait un excellent choix en nous présentant directement le coupable dans cette affaire, il nous permet ainsi de comprendre toute la psychologie du personnage et sa manière d’opérer. Cela ne gâche en aucun cas le suspense, au contraire, car des indices nous sont donnés au fur et à mesure de l’enquête et le dénouement ne nous est donné qu’à la toute fin. Beaucoup de spectateurs au rendez-vous, certainement en raison des bons retours suite à sa diffusion de dimanche passé, le film ayant dû plaire à un large public.

On continue avec le classique « Christine » de John Carpenter, une bonne occasion de le voir au cinéma. On y retrouve donc cette voiture hantée qui n’en fait qu’à sa tête et un jeune adolescent se laissant rapidement envoûter par l’engin. Il ne s’agit pas de l’œuvre dont l’on se rappelle en premier lorsqu’on parle de son auteur, néanmoins, il mérite le détour. Certes, le thème du film pour adolescent avec des acteurs jeunes et d’ailleurs pas très bons, pourrait être lassant. Malgré cela, ce film représente très bien les 50’s de par ses décors et les musiques rock’n’roll que notre chère Christine choisit de nous passer à son bon vouloir. Une jolie adaptation de Stephen King qui mérite d’être plus appréciée même s’il ne s’agit pas du meilleur de Carpenter.

« Christine » de John Carpenter

« Christine » de John Carpenter

Ensuite, direction le Temple du Bas pour « Mi Gran Noche » (Films Of The Third Kind). Un film déjanté de Alex de La Iglesia nous propulsant sur le plateau d’un TV show où danseurs, chanteurs, et faux invités sont filmés en octobre pour l’émission du nouvel an suivant. Évidemment, cela mène à beaucoup de situations cocasses. On regrette par contre le rythme effréné de l’action qui n’en finit pas et les dialogues ultra rapides entre protagonistes. Il s’agissait probablement du souhait du réalisateur, pensant que cela rajouterait du grotesque aux situations improbables du film. Un temps de latence, selon mon humble avis, est pourtant nécessaire pour laisser le temps au spectateur de savourer un moment comique. Dommage car le scénario avait du potentiel.

Mi Gran Noche (Films Of The Third Kind). De Alex de La Iglesia

Mi Gran Noche (Films Of The Third Kind). De Alex de La Iglesia

Pour finir, The Greasy Strangler faisant partie de la catégorie des Ultra Movies. Que dire ? Un scénario tellement improbable et des personnages aussi singuliers les uns que les autres ont rendu ce film tout bonnement hilarant. Le ton est donné dès le synopsis (« un serial killer se couvrant de graisse sévit dans une petite ville où Ronnie donne des visites guidées disco avec son fils Brayden. ») qui nous met immédiatement la puce à l’oreille quant au type de film que l’on va visionner. Les décors et les dialogues font de ce film une petite perle du genre : on ne comprend pas la moitié de ce qui se passe mais on adore. Scènes érotiques étranges, meurtres comiques et costumes disco ne laissant aucune place à l’imagination sont au programme. Âmes sensibles s’abstenir.

The Greasy Strangler

The Greasy Strangler

[Mathilde Coquillat]