Bien qu’une machine à remonter le temps, soit l’élément central du film, Reset verse plus dans le film d’action que dans le film Fantastique et présente malheureusement peu d’innovations dans le domaine du voyage temporel.


Dans un futur proche qui offre à la société un univers de luxe et de confort technologique, des scientifiques poursuivent des recherches de voyage dans l’espace-temps. L’un de ces groupes de recherche parvient à créer un prototype qui, encore au stade théorique et expérimental, permettrait de revenir dans le passé de 110 minutes. C’est alors que le fils de Xia Tian, une des cheffes de ce projet, est enlevé alors qu’il est seul à la maison, en téléconférence avec sa mère. Folle d’inquiétude, celle-ci se précipite au secours de son petit garçon et est enlevée à son tour, pour être soumise à un lourd chantage : elle doit livrer aux terroristes toutes les données de la recherche sur le voyage spatio-temporel. Une bombe à retardement implantée dans le cou de son fils fixe l’échéance pour la remise de la rançon. Mais le tribut demandé ne suffira pas à calmer la rage destructrice et meurtrière des ravisseurs…

On comprend bien vite que dans cette course contre la montre et ses conséquences dramatiques, la machine à remonter dans le temps va offrir à Xia Tian l’occasion de changer des éléments du passé et empêcher l’irréparable. En effet, le recours à l’itération, le fait que la conscience du personnage évolue alors qu’on repasse sans cesse dans le même espace temporel comme dans « Un jour sans fin », s’installe très vite. Son passage dans le « trou du ver » aura aussi pour conséquence la multiplication de sa personne, ce qui lui sera bien utile dans sa détermination à non seulement sauver son fils, mais également inverser les rapports de force entre elle et le groupe terroriste. Mais ce début intéressant, se révèle rapidement décevant sur plusieurs points.

Pour commencer, il ne faut pas espérer d’incursion du côté poétique ou philosophique du voyage temporel ou autres subtilités ; celui-ci ne restera malheureusement qu’un élément déclencheur pour un scénario de film d’action. En second lieu, le film se borne à recycler des schémas et poncifs liés aux voyages temporels déjà exploités dans d’autres films. A part le classique retour dans le passé pour changer les éléments futurs, on trouve la multiplication d’un même personnage avec les variantes et les conflits qu’ils finissent par entraîner, déjà vu dans l’excellent « Timescrimes », ou l’aberrant « Triangle », pour ne citer que deux occurrences parmi d’autres.

Pour finir, le jeu de certains acteurs tout comme les interactions entre les personnages sont peu crédibles. Par exemple, le fait que le collègue de Xia Tian prend des risques pour l’aider avec pour unique motivation un répétitif et plat : « Je n’ai pas le temps de t’expliquer, mais fais-moi confiance » laisse un peu perplexe. Mais ce n’est pas moins convaincant que l’explication finale des dessous de l’affaire et motivation des terroristes, qui achève le film.

En définitive, on ne peut que saluer cette incursion chinoise dans la thématique du voyage temporel et mentionner quelques bonnes idées, notamment dans les éléments de l’univers futuriste dans lequel évoluent les personnages. Mais la thématique du voyage temporel n’apporte pas beaucoup de nouveauté et s’avère plutôt décevant. À voir plutôt sur une envie de film d’action.

Reset
Chine – 2017
De Chang (Hong Seung Yoon)
Avec Yang Mi, Wallace Huo, King Shih-chieh, Liu Chang
Golden Network Asia Limited (HK)

Reset : ou quand l’élément Fantastique n’est qu’un moteur pour un film d’action
2.0Note Finale