OSS 117 : Un film qui peut décevoir mais qui mérite sa chance

Et qui, plutôt que de faire du réchauffé, offre au moins du nouveau.

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Etienne Rey
Etienne Rey
Travailler pour une salle de cinéma, comme journaliste pour des médias ou organiser des événements pour le 7e art, ma vie a toujours été organisée autour de ma passion: le cinéma.

La base est simple : 
En 1981, Hubert Bonisseur de La Bath se rend en Afrique de l’Est (plus précisément au Kenya), pour aider le dirigeant en place à mater des rebelles dans le cadre d’un projet « Françafrique ». Et il doit faire équipe avec un jeune collègue, le très prometteur OSS 1001…

Bien des scènes, dialogues et répliques ressemblent trop à celles que l’on connaît et que l’on a aimé mais elles ont ici un goût plus amer. Toutes les blagues les plus lourdes, sexistes et xénophobes des deux premiers volets, qui faisaient bien marrer les spectateurs, reviennent ici en écho avant d’être presque systématiquement ridiculisées. Dans les 2 autres œuvres, en général, le héross117 s’en sortait toujours et restait majestueux (sinon digne…) jusque dans ses actes ratés.

Ici, comme le déclame très bien le nouveau OSS 1001, et contrairement à la leçon tombée dans l’oreille d’un abruti dans « OSS : Rio ne répond plus », l’espion crétin est vraiment dépassé par les événements et sa naïveté n’excuse pas toutes les inepties qu’il profère. Certains spectateurs venus seulement chercher un petit divertissement sympa, s’étonneront peut-être de se retrouver devant une œuvre les mettant en face de leur propre nostalgie de la blague merdique.

Le film se moque, comme les 2 films précédents ridiculisaient les films d’espionnage d’antan, des OSS précédents, et même du rire gras de ses fans…

Avant c’était : « Le Monde a changé, pas lui… » et il était très drôle.

Maintenant, c’est : « OSS n’a pas changé mais le Monde oui » et il est pathétique. Presque comme nous, qui avons ri de ses blagues les plus grasses !

Pour le reste, comme dans les deux autres opus, l’aventure dans son ensemble n’est pas des plus intéressantes et il vaut mieux se focaliser sur les protagonistes, … enfin surtout sur celui joué avec malice par Jean Dujardin, visiblement très heureux d’apporter quelques nuances à son personnage apparu en 2006 et iconisé en 2009 à la sortie de « Rio Ne Répond Plus ». Finalement, il est bon de voir une figure si ancrée dans le paysage populaire s’en prendre autant dans la gueule. Au risque de devenir plus touchant que comique. Dans les dernières scènes, on aurait presque pitié, mais heureusement, dans son ridicule, Monsieur De La Bath n’oublie jamais d’être drôle…

De toute manière, OSS 117 est cette fois beaucoup plus représenté comme un abject ambassadeur convaincu des idées rances de la France colonialiste que comme un gros niais perdu au milieu de conflits qui le dépassent et héros malgré lui. Quoique… Car l’esprit de base est tout de même maintenu et « ce sacré Hubert » n’en rate pas une pour faire le couillon. Sans jamais oublier bien sûr, de « sauver le monde » … sa perpétuelle obsession !

OSS 117 : Alerte Rouge en Afrique Noire 
FR – 2020 – Comédie satirique d’espionnage 
Réalisateur : Nicolas Bedos 
Casting : Jean Dujardin, Pierre Niney, Natacha Lindinger, Wladimir Yordanoff… 
Pathé Films 
04.08.2021 au cinéma 

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