Ring D’Hideo Nakata

Une réédition de classe pour le film qui lança le renouveau moderne du film d’épouvante japonais.

Considéré (à juste titre) comme une œuvre phare du cinéma fantastique du Pays du Soleil Levant, « Ring » d’Hideo Nakata sort pour la première fois en haute définition avec un nouveau master de toute beauté. Cette adaptation du roman « Ringu » de Kôji Suzuki dépeint l’enquête d’une journaliste sur la mort mystérieuse de sa nièce qui, selon les rumeurs, serait survenue après avoir visionné une cassette vidéo. Suite à l’énorme succès publique et critique, la malédiction de la VHS s’est rapidement propagée et transformée en une véritable saga comptant notamment une suite mineure (« Ring 2 »), réalisée par Nakata, un remake sud-coréen plus que dispensable (« Ring Virus »), une préquelle loupée (« Ring 0 : Bâsudei ») et même une série télévisée. Cependant aucune de ces différentes productions n’a réussi à tutoyer l’œuvre maîtresse d’Hideo Nakata et, contre toute attente, il aura fallu attendre l’excellente relecture américaine de Gore Verbinski en 2002 (« Le Cercle ») pour redouter à nouveau la vision de la VHS maudite.

Ring D’Hideo Nakata

Lors de sa sortie en 1997, « Ring » marquait la renaissance du « yurei eiga » (littéralement « films de fantômes »), un genre prolifique durant les années 50 et 60, inspiré de la mythologie populaire japonaise. En enrichissant les codes narratifs et surtout esthétiques du yurei eiga avec des influences occidentales (notamment « Vidéodrome » de David Cronenberg), Nakata est parvenu à renouveler et à moderniser le genre, voir même à créer une nouvelle vague (suivirent, entre autres, « The Grudge » et « Dark Water »). La modernité de « Ring » se retrouvait également dans l’utilisation d’appareils issus des progrès industriels de l’électronique : magnétoscope, Polaroïd, téléphone. Ces appareils électroniques, au centre du récit car faisant parti intégrante de la malédiction, permettaient ainsi de confronter la nouvelle génération nippone aux fantômes du passé. Au travers de cette contamination technologique des nouvelles générations, Hideo Nakata anticipait ainsi la dérive des réseaux sociaux et de leurs supports.

Ring D’Hideo Nakata

Avec son « cercle de terreur », Nakata créa également une nouvelle icône des films d’horreur, Sadako, un croque-mitaine dont l’apparence très simple s’inspirait des représentations traditionnelles des fantômes japonais. Malgré l’obsolescence de certains de ses accessoires, qui permettra aux plus jeunes spectateurs de découvrir la VHS, « Ring » reste un film de terreur majeur, brillamment mise en scène et diablement efficace. Ce cercle vicieux initié par le réalisateur nippon est loin d’être terminé : un troisième opus américain, intitulé « Rings », sortira en 3D le 25 novembre 2015 !

Ring
D’Hideo Nakata
Avec Nanako Matsushima, Miki Nakatani, Hiroyuki Sanada
Disques Office

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.