Suspiria (1977) de Dario Argento, est un véritable chef-d’œuvre du cinéma d’horreur. Sa réussite est due à sa glaçante bande originale composée par le groupe de rock progressif italien Goblin et à ses couleurs saturées, plongeant le spectateur dans un vrai cauchemar éveillé.


Suspiria de Dario Argento est un grand classique du cinéma d’horreur sorti en 1977. Dario Argento, célèbre réalisateur italien, s’est notamment illustré dans le genre du giallo, thrillers italiens caractérisés par un entrecroisement entre cinéma policier, cinéma d’horreur et érotisme. Nous conseillons notamment Profondo Rosso du même réalisateur, excellent exemple du genre. Le giallo a en outre inspiré le genre du slasher aux Etats-Unis, dont on peut mentionner ici les représentants les plus célèbres, Jason Voorhees de Vendredi 13 et son masque de hockeyeur, Michael Myers du film Halloween ou encore Freddy Krueger des Griffes de la Nuit. Suspiria est une légende absolue du cinéma d’horreur dont on ne se lasse pas.

Mais alors Suspiria, ça parle de quoi ? Le film raconte l’histoire de Suzy Banner, jeune américaine arrivant en Allemagne pour étudier dans l’une des meilleures académies de danse du monde. Suite aux meurtres de deux étudiantes, Suzy va petit à petit découvrir de terribles secrets dissimulés derrière les murs colorés de l’école… Ce qui rend Suspiria si spécial et absolument excellent, c’est son incroyable capacité à créer une atmosphère, un véritable univers glaçant et baroque à l’intérieur de la trame narrative grâce à son décor et ses couleurs saturées, mais surtout grâce à sa bande originale, composée par le groupe italien de rock progressif Goblin. Le spectateur est ainsi invité à entrer dans un véritable cauchemar éveillé mêlant beauté, violence et ésotérisme. 


Commençons donc par la musique. La bande originale de Suspiria, œuvre musicale de 6 :04 minutes et véritable chef d’œuvre de l’horreur a été réalisée par le groupe de rock progressif italien Goblin, et fait intégralement partie de l’identité même du film. Des instruments électroniques furent utilisés, mais également beaucoup d’effets vocaux – râle, soupirs et autres chuchotements – afin de créer un ensemble magnifique, mais aussi oppressant et anxiogène. Il est fortement déconseillé aux âmes sensibles d’écouter cette musique pour s’endormir, car sa mélodie seule suffit à vous glacer le sang. Le thème de la sorcellerie, prépondérant dans ce film et les deux qui suivront, Inferno (1980) et La troisième mère (2007) est notamment très bien retranscrit à travers les effets vocaux évoqués précédemment. 


Les couleurs sont très importantes dans Suspiria, saturées, voire même criardes, elles accompagnent le spectateur tout au long du film, et lui permettent de s’immerger dans son univers cauchemardesque et irréel. Le jeu entre formes géométriques, couleurs et compositions des scènes, fait de ce film une véritable œuvre d’art à part entière. La couleur rouge est beaucoup exploitée, notamment dans les moments de tension et de mystère. Ce rouge sang, profond, contraste avec la couleur bleue plus froide, également utilisée par le réalisateur. Les couleurs se mélangent et s’unissent tout au long du film, formant un véritable caléidoscope déstabilisant voire oppressant. La lumière vient s’ajouter à cet ensemble et en soutient l’étrange beauté. Vous l’aurez compris, Suspiria est à voir ou à re-voir absolument !