THE BLACK PHONE – Trauma, Abus et Conséquences

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Freya
Freya
Cinéphile passionnée, écrivaine et musicienne depuis son enfance, elle offre son âme d’écorchée vive au besoin de l’art et de la transmission de ses émotions. Voter folie est-elle la même ?

En 1978, dans une bourgade proche de Denver, une série d’enlèvements d’enfants sévit depuis quelque temps. Les habitants s’en soucient à peine pourtant. Un soir, Finney Shaw ne rentre pas alors que sa sœur cadette commence à faire des rêves troublants.


Issue de la nouvelle éponyme de Joe Hill, fils de Stephen King, datant de 2004. L’intrigue simple mais non moins perturbante, nous plonge dans un univers de tortures psychologiques et de maltraitance physiques découlant apparemment directement d’un cas psychiatrique.

En effet, nous sommes ici devant un cas d’école dans le spectre des multiples conséquences engendrées par un traumatisme de la petite enfance. Bien que celui-ci ne soit pas exposé, il est aisé d’en supposer la source. Entre médiumnité et terreur, les personnages sont tous soumis à rude épreuve. Scott Derrickson a cerné parfaitement l’ambiance de l’histoire pour en faire ressortir ce quelle a de plus angoissant et de plus terrifiant. Lorsque l’on raconte ce film, rien ne semble pouvoir nous faire vraiment sursauter, mais lors du visionnage les décores sont si sombres, le rythme tellement saccadé et l’image légèrement salie que l’on ne peut faire autrement que de glisser dans le désespoir de ses personnages.

Un film réussi donc, et malgré tout pas assez long. On aimerait que la sensation d’impuissance dure plus longtemps et que les obstacles soient plus nombreux. Cela dit, cette absence donne un côté authentique à l’ensemble. En réalité, peu de ravisseurs sont infaillibles. Les pulsions psychotiques ne sont pas aussi contrôlées que cela dans les limites des aménagements des lieux, de la possibilité créatrice de la torture ou encore simplement des limites de résistance humaine du tortionnaire. Même les psychopathes doivent se nourrir et dormir. Les enfants ont un niveau de jeu élevé pour leurs âges. Il est toujours un peu surprenant de voir avec quel professionnalisme ils travaillent et rendent leur personnage réel. Les réactions sont bien dosées, jamais exagérées et terriblement crédibles.

Un bon petit film d’épouvante pour passer une bonne soirée, mais pas forcément en famille. Le sujet de l’enlèvement reste délicat, même s’il n’y a pas de sévices sexuels et pas seulement concernant les mineurs. La performance d’Ethan Hawke est aussi splendide que dans Sinister voir un peu plus. Il est parfait dans le costume de détraqué et joue idéalement la torture psychologique et ses conséquences sur son personnage. À y mieux regarder, on peut même avoir de l’empathie pour l’énergumène qu’il incarne.

Vivement d’autres rôles de cet acabit ! Ne passez surtout pas à côté de cette perle de l’angoisse.

The Black Phone
USA – 2021 – Horreur – 1h42min
De Scott Derrickson
Avec Mason Thames, Madeleine McGraw, Jeremy Davies, James Ransone and Ethan Hawke
Universal Pictures
22.06.2022 au cinéma

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