« The Bookshop » : Quel dommage !

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Pauline Brandt
Pauline Brandt
Avec un master de français moderne avec spécialisation en études théâtrales, un bachelor en français moderne et histoire et esthétique du cinéma, Pauline Brandt met en œuvre tout son savoir-faire pour promouvoir le cinéma.

Des étagères poussiéreuses sur lesquelles se côtoient des rangées de livres, les côtes britanniques sous le vent déchaîné, un village en apparence sans histoires : le décor idéal pour un drame tout en retenue. Récompensé lors de la cérémonie des Goya 2017, le film d’Isabel Coixet offre beaucoup de belles promesses. Quel dommage qu’il en tienne si peu.


Florence Green (Emily Mortimer) s’est installée dans la paisible ville côtière d’Hardborough pour y ouvrir une librairie. On chuchote au scandale dans les rues de la ville, face à une femme qui lance son affaire toute seule, et qui de surcroît stocke de la littérature hors des convenances, Lolita et Fahrenheit 451 en tête. Face à la haine de la riche Violet Gamart (Patricia Clarkson) qui voit d’un mauvais œil l’ouverture de ce commerce, Florence découvrira deux alliés inattendus : le mystérieux Edmund Brundish (Bill Nighy), un homme veuf préférant la compagnie des livres à celle des hommes, et la suprenante Christine (Honor Kneafsey), en dépit de ses 11 ans et son désintérêt total pour la lecture et la gent masculine.

Récompensé dans les catégories du meilleur film espagnol et du meilleur réalisateur, ce film laisse espérer de belles choses. Il surprend, oui, mais d’une manière décevante : impossible de rentrer dans le récit devant tant de confusion. Que manque-t-il à ce film finalement bien maigre ?

Est-ce un développement moins lacunaire pour le personnage de Violet Gamart, dont le rouge à lèvres vif les cigarettes extra-slim ne suffisent pas à faire d’elle l’antagoniste menaçant tel qu’il est décrit ?  Une narration plus étoffée qui permettrait de prendre l’intrigue plus à cœur ? Des séquences laissant plus de place au propos sur la place de la différence et à la critique des mouvements de masse initiés par les classes dominantes, ce qui n’est que trop vaguement esquissé ? Un meilleur choix de casting, permettant d’éviter la performance d’un Milo North (James Lance) hautement horripilant mais bien peu convaincant ? Une place plus grande laissée au jeu de Bill Nighy, tout en retenue et majesté ?

Peut-être un peu de tout ça. Sous le flegme britannique et le bruissement conjoint des vagues et des pages qu’on tourne à la librairie, il est trop difficile de se raccrocher à l’intrigue pourtant prometteuse. Dommage. On aurait bien aimé.

The Bookshop
ES, GB, DE,   –   2018   –   113 Min.   –   Drama
Réalisateur: Isabel Coixet
Acteur: Emily Mortimer, Bill Nighy, Patricia Clarkson
Filmcoopi
19.12.2018 au cinéma

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