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lundi, juin 17, 2024
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THE STAIRCASE: innocent jusqu’à preuve du contraire

Claire Blanchard-Buffon
Claire Blanchard-Buffon
Cinéphile passionnée, écrivaine et musicienne depuis son enfance, elle offre son âme d’écorchée vive au besoin de l’art et de la transmission de ses émotions. Voter folie est-elle la même ?

Un soir, le 911 reçoit un appel paniqué d’un mari expliquant que sa femme est tombée dans les escaliers et qu’elle ne respire plus. Les agents de police dépêchés sur place trouvent que le cas est étrange et encouragent l’ouverture d’une enquête pour meurtre. Un tourbillon d’incompréhensions, d’angoisses et de dissensions commence alors pour Michael Peterson, le mari désormais veuf, et sa famille composée surtout de nombreux enfants, tous, jeunes adultes.

Tirée de faits réels, cette histoire bondi entre erreurs judiciaires et appels de procès. Parallèlement, des documentaristes français obtiennent le droit de filmer les événements. La monteuse, jouée ici par Juliette Binoche, se prend d’affection pour Michael Peterson. Cette attirance va la mener sur un chemin glissant d’une relation toxique et bancale. Bien que les différents appels aient été rejetés, l’accusé tient bon et effectue une longue peine de prison qui ne lui est probablement pas due.

Nous embarquons aussi dans une enquête trouble, aux revirements étranges et pas toujours en relation avec l’accident/meurtre de Madame Peterson. Aujourd’hui encore, Monsieur Peterson clame son innocence. Cette mini-série de huit épisodes, nous expose surtout les défaillances du système juridique et policier américain. Un pays où les victimes semblent devoir constamment prouver leur innocence plutôt que d’être soutenue, à priori.

Dans cette affaire, il y a également une part de compétition politique qui est en jeu. Encore une fois, l’humain déploie son énergie dans ce qu’il a de plus vil au lieu de l’employer pour trouver une vérité sincère. Les intérêts de chacun à plusieurs niveaux du système font que le procès de Monsieur Peterson aura été biaisé. Une personne condamnée pour plusieurs qui voient leur carrière professionnelle et ou leur réputation améliorée. Je me suis plu à imaginer comment les événements décrits dans cette série auraient pu être plus tragiques si l’accusé n’avait pas été un homme influent, riche et blanc… La moralité de tout cela est que les apparences sont trompeuses, quel que soit le niveau social dans lequel on fouille. D’un point de vue technique, la caméra est tantôt invisible, tantôt visible. Ce qui fait que le spectateur oscille entre un regard extérieur et une implication plus personnelle imposée.

Le changement de point de vue littéralement est à l’image de l’inconfort et de la perte de repère qu’on dû ressentir les différents protagonistes de cette sombre affaire. Je pense que bien que les faits aient été aujourd’hui éclaircis, les personnes impliquées restent sur leur premier avis et sentiment. Il n’est pas toujours évident de changer d’opinion. Ce qui est sûr, c’est la qualité de cette série qui ne manquera certainement pas à aboutir à des débats dans les chaumières et jusque sur les lieux de travail.

THE STAIRCASE – Innocent jusqu’à Preuve du Contraire
Réal. : Antonio Campos
Acteurs : Colin Firth/Toni Collette/Juliette Binoche/Michael Stuhlbarg/Vincent Vermignon/Patrick Schwarzenegger/Sophie Turner/Olivia DeJonge/Parker Posey
Distrib. : HBO Max

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