Tom Hanks honoré au Festival du Film de Rome

Récompensé par le Rome Film Festival, Tom Hanks a reçu le Lifetime Achievement Award des mains de l’actrice italienne Claudia Cardinale. Le public a pu rencontrer le lauréat dans le cadre d’une masterclass où l’interprète de Forrest Gump a réjoui la foule en parlant des moments forts de sa carrière.


Lors de l’ouverture de la 11ème édition du Festival du Film de Rome, c’est au bras de son épouse Rita Wilson, actrice et chanteuse, que Tom Hanks foula en premier le tapis rouge italien : une arrivée à l’image de leur simplicité naturelle, mais le couple hollywoodien a néanmoins rayonné sous les flashes des photographes. Entre deux interviews, le héros de « Forrest Gump » a pris le temps de signer quelques autographes à ses fans, puis s’est ensuite rendu dans l’une des plus prestigieuses salles de l’Auditorium Parco della Musica, centre du festival romain, où il a rejoint son public pour une masterclass. L’acteur américain a redécouvert avec plaisir des extraits significatifs de sa carrière au cinéma. Honoré par le chaleureux accueil qui lui avait été réservé, Tom Hanks a débuté la rencontre par une jolie anecdote : « Rome est une ville très spéciale pour ma femme et moi. Mon salaire sur le film « Big » (Penny Marshall, 1988) m’a permis de payer notre lune de miel dans la capitale. C’était la première fois que je m’y rendais. Beaucoup de souvenirs ».

Tom Hanks honoré au Festival du Film de RomeL’acteur sexagénaire a souligné l’importance qu’il attache au cinéma, une passion qui le suit depuis l’enfance : « Je n’étais pas très doué à l’école. Il faut dire que je n’aimais pas trop ça, mais comme on est tous obligé d’y aller, autant trouver quelque chose qui nous motive. Pour ma part, c’était jouer la comédie. En théâtre, j’avais toujours des bonnes notes ». C’est donc sur cette lancée que l’acteur débuta sa carrière dans les années 80, même si la décennie suivante reste incontestablement celle de la reconnaissance et du succès commercial.

L’extrait du film culte « Nuit Blanches à Seattle » dans lequel Tom Hanks tombe amoureux de Meg Ryan au dernier étage de l’Empire State Building, a suscité les acclamations des romantiques dans la salle. Sorti en 1993, le film perd sa réalisatrice Nora Ephron en 2012, victime d’une leucémie. « J’ai adoré travailler avec Nora, que j’ai d’ailleurs retrouvé plus tard sur « Vous avez un mess@ge ». Elle réalisait toujours ses films avec une perspective journalistique très travaillée. On répétait les scènes pendant des jours tant elles étaient longues, et puis ensuite arrivait le moment du tournage. Tout était si bien réglé, comme si l’on jouait une pièce au théâtre ».

Acteur reconnu certes, mais réalisateur passionné également puisque Tom Hanks a rejoint le clan des cinéastes en 1996 avec « That Thing you Do ! » et en 2011 avec « Il n’est jamais trop tard », des films pour lesquels il tenait aussi le rôle principal. Des expériences dont il garde un très bon souvenir : « Tout réalisateur doit être comblé par la passion du métier lorsqu’il dirige ses acteurs. Pouvoir être à la fois acteur et réalisateur sur un même tournage m’a ouvert des perspectives. C’est magique de pouvoir exercer ces deux professions. Tout acteur devrait tenter l’expérience de la réalisation, de même que chaque réalisateur devrait passer au moins une fois devant la caméra. Ces deux activités sont si complémentaires ».

Hanks a ensuite révélé les tumultes de l’avant-tournage de « Seul au monde », en offrant une imitation du réalisateur Robert Zemeckis qu’il connaît bien pour avoir collaboré avec lui sur plusieurs films : « Il nous a fallu cinq ans pour trouver la fin du scénario. Bob n’arrêtait pas de me dire qu’il fallait que j’ai un lien particulier avec l’histoire, qu’elle soit proche de moi. Aujourd’hui, quand je vois le résultat, je dois dire que sans lui, ce film n’aurait pas été le même ».

Tom Hanks et Rita Wilson au Festival du Film de RomeAntonio Monda, directeur artistique du festival et animateur de la masterclass, l’a compris, on ne peut définitivement pas revenir sur la carrière de Tom Hanks sans évoquer son incroyable performance dans « Philadelphia » ainsi que le légendaire Forrest Gump, deux films pour lesquels Hanks a reçu l’Oscar du meilleur acteur. « Le scénario initial de « Forrest Gump » m’a tout de suite intéressé, même s’il comptait plus de 170 pages ! Autant dire que nous avons dû apporter quelques modifications pour arriver au résultat final », a-t-il commenté. Dans « Philadelphia » de Jonathan Demme, Tom Hanks y interprète Andrew Beckett, un homosexuel atteint du SIDA, qui accuse ses employeurs de l’avoir mis à la porte à cause de son orientation sexuelle. Malgré sa performance remarquée, Hanks a rappelé que « Philadelphia » mettait également en lumière Denzel Washington. Un duo qui a suscité l’admiration ; la plus belle scène du film est probablement celle de la veille du procès fatidique, lorsque Beckett en pleurs, écoute avec passion un air de Maria Callas : « Je me souviens d’avoir tourné cette scène comme si c’était hier. Sans la performance de Denzel Washington et la voix sublime de cette cantatrice en fond, l’émotion n’aurait jamais été aussi poignante ».

Inferno avec Tom Hanks Pendant cette masterclass, l’acteur américain n’a pas non plus échapper à la curiosité du public concernant des films tels que « Arrête-moi si tu peux », « Il faut sauver le soldat Ryan » ou plus récemment « La Guerre selon Charlie Wilson ». La rencontre s’est par la suite terminée sous des acclamations. L’actrice italienne Claudia Cardinale est venue remettre le Lifetime Achievement Award à Tom Hanks pour l’ensemble de sa carrière et pour sa précieuse contribution artistique.

La venue de Tom Hanks au festival du film de Rome coïncidait avec la sortie de son nouveau film « Inferno » dans les salles italiennes, où il partage l’affiche avec Felicity Jones (« Une Merveilleuse Histoire du Temps »). Après « Da Vinci Code » et « Anges et Démons », il s’agit du troisième volet de la saga des aventures du professeur de symbologie, Robert Langdon. La chronique est sur le site pour les curieux !

A propos de l'auteur

Amoureux du film « American Gigolo », ses parents la prénomme en hommage à l'actrice Lauren Hutton. Ainsi marquée dans le berceau, plus tard, comment rester indifférente face au 7ème art ? S'enivrant des classiques comme des films d'auteur, cette inconditionnelle de Meryl Streep prolonge sa culture en menant des études universitaires de cinéma. Omniprésent, c'est encore et toujours le cinéma qui l'a guidée vers le journalisme. Preuve indélébile de sa passion, celle qui se rend dans les salles pour s'évader et prolonger ses rêves, ne passe pas un jour sans glisser une réplique de film dans les conversations. Et à tous ceux qui n'épellent pas son prénom correctement ou qui le prononcent au masculin, la Vaudoise leur répond fièrement, non sans une pointe de revanche : « L-A-U-R-E-N, comme Lauren Bacall ! ». Ça fait classe ! ;)

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