Pour faire un long-métrage de qualité, il faut savoir s’entourer de bons acteurs. Les choix de Serge Hazanavicius semblaient hasardeux sur le papier, pourtant le duo Kev Adams-Vincent Elbaz est parfait à l’écran. Ce film hivernal est une excellente surprise !


En me rendant au cinéma ce jour-là, je ne m’attendais pas à voir un grand film. Les sports d’hiver c’est pas trop mon truc et je ne suis pas très fan de ces comiques français aux belles gueules. Une fois assis devant le grand écran, je découvre avec étonnement les magnifiques plans montagneux proposés. Ces pics escarpés qui donnent le vertige. De la neige partout. Quelques frissons parcourent mon corps. On est dans la Vallée de Chamonix, face à nous se trouve le majestueux Mont-Blanc.

La montagne la plus haute d’Europe domine la vallée. Le ciel est bleu, c’est superbe. Rien que pour ses paysages le long-métrage de Serge Hazanavicius vaut le détour. Le réalisateur se lance dans la mise en scène et il a beaucoup de talent. Frère de Michel Hazanavicius OSS 117 », « L’artiste, etc.), le jeune cinéaste a créé quelques courts-métrages avant de débuter sa carrière au cinéma en 1992 dans la comédie « Drôles d’oiseaux !» de Peter Kassovitz. On le retrouve quelques années plus tard dans « Delphine 1 Yvan 0 » où il est à la fois scénariste et acteur principal.

« Tout la haut » est son premier film en tant que réalisateur. L’homme sait manier la caméra et filme merveilleusement bien. Les plans et les scènes de glisses sont grandioses. On traverse des plateaux enneigés et on grimpe en sa compagnie « tout là-haut», au sommet des pics abruptes entre 4’800 mètres (Mont-Blanc) et 8’800 mètres d’altitude (Himalaya).

Serge Hazanavicius sait de quoi il parle, car il partage les bonheurs de la poudreuse avec des «Riders» depuis la fin des années 90. Le cinéaste a toujours pensé qu’il y avait un film à tourner avec eux. Le réalisateur français a donc concocté une histoire ayant pour cadre la montagne avec Stéphane Dan, son ami et partenaire de glisse qui est l’un des meilleurs « Skieurs de l’extrême » dans le monde.

L’homme de 54 ans a tourné avec son équipe au massif du Mont-Blanc, côté français et italien, à Katmandou au Népal et dans un village qui s’appelle Balthali. Certaines séquences ont aussi été réalisées au nord de l’Inde, au Ladakh sur les contreforts de l’Himalaya, ainsi que sur la face nord de l’Everest.

«Tout là-haut, s’inspire d’une histoire vraie, celle du snowboarder et alpiniste fou, Marco Siffredi, né le 22 mai 1979 à Chamonix et mort sur l’Everest le 8 septembre 2002. Ce génie de la montagne, connu pour être une sorte d’adolescent rieur et sympathique a réalisé la première descente de l’Everest en snowboard par la face nord via le couloir Norton le 24 mai 2001, avec oxygène, aidé par un unique Sherpa. Le jeune s’est malheureusement tué sur ce même sommet lors d’une seconde ascension en tentant de dévaler en surf le couloir du «Hornbein» (mentionné dans le film) depuis le sommet de l’Everest à 8’848 mètres d’altitude ! Elevé dans le camping familial de Chamonix, Marco Siffredi a toujours été un fou de montagne. Il a commencé par le ski, puis a passé au surf. En 1999, il découvre l’Himalaya et se met à faire, (comme Kev Adams dans le film) une fixation sur l’Everest, dont il collectionne les photos et les cartes. Devant économiser centime après centime, il a financé lui-même la plus grande partie de ses expéditions en faisant des petits boulots saisonniers.

C’est à Kev Adams qu’incombe la dure tâche de le représenter à l’écran. Equipé d’un surf, qu’il porte sous le bras, l’acteur français essaie de lui ressembler au mieux. Les cheveux en pétard et le sourire aux lèvres, il interprète parfaitement le sportif. À ses côtés nous trouvons un autre beau gosse en la personne de Vincent Elbaz. Un peu plus âgé, il joue l’homme d’expérience, celui qui se méfie de tout et prend des précautions sur les pistes. Son duo avec Kev Adams fonctionne à merveille. On a affaire à un inconscient et a un grincheux. Deux caractères opposés qui se complètent bien.

Côté féminin on peut noter la très bonne prestation de l’actrice Bérénice Bejo, connue pour avoir joué dans de très bons films tels que «The Artist», «Le passé», «Populaire» et «Fai bei sogni» pour n’en citer que quelques-uns. L’autre rôle féminin est tenu par Mélanie Bernier qui joue une responsable marketing, amie de Scott. Elle tient bien son rôle, mais ne crève pas l’écran.

Les moyens techniques pour filmer la glisse et la montagne s’étant développés, le réalisateur français s’est senti prêt à se lancer dans l’aventure. Tout semblait aligné pour que ce métrage voie le jour. Les personnages qu’il a créés sont en quête perpétuelle de nouvelles sensations. Ces héros modernes vivent avec la montagne depuis leur naissance, elle est à la fois leur famille, leur source de revenus et leur héritage. La philosophie de ses jeunes est de vivre chaque jour comme si c’était le dernier. On le ressent d’ailleurs très bien dans le film.

Même si certains sujets comme les origines des personnages n’ont pas été suffisamment développés, cette production dynamique et instructive est une jolie découverte et pas seulement pour les amateurs de glisse.

Tout là-haut
Frankreich   –   2017   –   Drama
Réalisateur: Serge Hazanavicius
Acteur: Kev Adams, Bérénice Bejo, Mélanie Bernier, Martijin Lakemeier, Vincent Elbaz
Impuls
20.12.2017 au cinéma

Tout là-haut : Prendre de l'altitude !
4.0Note Finale

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