Icône du cinéma indépendant américain des années 1990, Kevin Smith a fait un bout de chemin depuis ses ergotages geeks de « Clerks » et ses belles comédies (romantiques).

En réalisant « Red State » en 2009, il dote son cinéma d’une noirceur horrifique qui déplut à ses fans, ces derniers attendant plutôt « Clerks 3 ». Smith, lui, s’en fiche : las de reconduire sans cesse les mêmes formules, il s’essaie à autre chose, quitte à perdre une partie de ses spectateurs en chemin – ce qui risque par ailleurs de se poursuivre avec « Tusk ».

Inspiré d’un fait divers que le collègue podcaster de Smith lui raconta un jour, « Tusk » raconte la glauque histoire d’un homme séquestré chez un fou et qui va subir une transformation des plus étonnantes. L’histoire surprend autant que son traitement, puisque l’on retrouve les dialogues goûtus du cinéaste-scénariste graduellement intriqués dans une situation horrifique aux résonances parfois comiques. Loin du sombre navet contre lesquels la plupart des spectateurs se sont insurgés, « Tusk » s’affiche comme un ovni cinématographique qui nage entre les tons et les genres sans ne jamais trouver sur quel pied danser. De nombreux films ont certes démontré que le mariage entre humour et horreur était possible, mais ici la dimension grotesque empêche les moments de terreur d’officier et la glauque transformation du protagoniste prête plus au dégoût qu’au rire. Ou inversement.

Dans ce gloubi-boulga se trouvent toutefois des scènes réussies et de belles performances d’acteurs – à l’exception d’un cameo qui renforce tristement les défauts du film. Alors que Kevin Smith travaille actuellement sur une préquelle avec certains des personnages secondaires de « Tusk », l’on peut autant craindre le pire qu’espérer une agréable surprise. Nous, on y croit encore.

Tusk
De Kevin Smith
Avec Justin Long, Michael Parks
Sony Pictures / Rainbow

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