Wayward Pines

Pour sa première expérience télévisuelle, M.Night Shyamalan choisit d’adapter un scénario de Chad Hodge qui s’est lui-même inspiré de la série de romans écrits par Blake Crouch. Il est aisé de comprendre ce qui a motivé le réalisateur tant la mini-série cristallise à merveille toutes les obsessions et les thématiques récurrentes qui jalonnent la carrière du metteur eu scène. Paranoïa, faux-semblants, humour noir et étrangeté sont donc au programme de « Wayward Pines ».

Ethan Burke est envoyé dans la ville de Boise pour enquêter sur la disparition de son ancienne co-équipière et amante. Suite à un accident de la route, il se réveille à l’hôpital de Wayward Pines. Il se rend vite compte que quelque chose cloche dans cette ville et que tous les gens qu’il rencontre se comportent de manière irrationnelle.

Wayward Pines

Ethan va rapidement découvrir qu’essayer de découvrir la vérité n’est pas sans dommages collatéraux. L’épisode pilote de la série ne rassure pas au premier abord. On pense en vrac aux « Revenants », à « Twin Peaks », à « Under the Dome » ou encore à « Lost ». La série ne semble donc être qu’un mélange indigeste d’influences diverses répondant à la mode des microcosmes fictionnels. De plus, malgré un casting quatre étoiles tout droit sorti des années 90 (Matt Dillon, Juliette Lewis, Carla Gugino, Mélissa Leo), la série n’est pas aidée par le jeu outré de certains acteurs. La tentation d’abandonner est donc là, mais ce serait passer à côté d’une des plus belles propositions de série fantastique de ces dernières années. Tout ce côté artificiel qui ressort du pilote a sa raison d’être, et c’est par la suite que la série prendra de l’intérêt. Il faudra persévérer jusqu’à l’épisode quatre pour que le show dévoile toutes ses cartes. La citation « En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire » de George Orwell est utilisée à des fins anarchiques. Un acte de contradiction face à l’autorité en place à « Wayward Pines » qui vaudra à l’un des personnages un sort peu enviable. Cette superbe citation résume à elle-seule toute la substantifique moelle du projet. Cet axe narratif paranoïaque choisit par les scénaristes fait écho à notre monde réel tant notre époque post-11 septembre semble noyée dans cette psychose extrême où la vérité semble constamment travestie.

Wayward Pines
La deuxième partie de la série souffre de quelques raccourcis scénaristiques un peu faciles, mais ce serait dommage de s’arrêter à ça tant « Wayward Pines » a plus à proposer et demeure peut-être au final le travail le plus abouti de M.Night Shyamalan depuis longtemps, faisant écho à « The Village » sorti il y a maintenant plus de dix ans. 

Wayward Pines
De M.Night Shyamalan, James Foley, Nimrod Antal
Année de production : 2015
20th Fox