« 108 Rois-Démons » donne l’occasion de retrouver le réalisateur Pascal Morelli, que l’on n’avait plus croisé au cinéma depuis 2002 et son adaptation de « Corto Maltese », bel effort malheureusement vite oublié. Cette transposition ambitieuse d’un classique de la littérature médiévale chinoise, « Au bord de l’eau », simplifié pour le passage sur grand écran, contient tous les éléments qui raviront les amateurs des films épiques de Zhang Yimou : trahisons de palais, prince en exil, vieux mentor aveugle aux pouvoirs étranges, brigands hauts en couleur, revanche contre l’usurpateur…

108 Rois-Démons

108 Rois-Démons

Alors que l’animation est désormais omniprésente et qu’il est peu évident pour un long-métrage, de surcroît européen, de tirer son épingle du jeu, le choix d’une telle épopée permet à « 108 Rois-Démons » d’aiguiser tout naturellement notre curiosité. Hélas, le film de Pascal Morelli enchaîne les déconvenues. Sur le plan technique, le parti-pris est intéressant : le réalisateur intègre des acteurs réels en costumes sur des plans peints à la main, tout en remplaçant les têtes des personnages par de l’image de synthèse. Alors que les décors sont de toute beauté et honorent le contexte géographique, l’animation des visages risque de ne guère convaincre et d’amuser surtout les nostalgiques des cinématiques d’anciens jeux vidéos. Cette esthétique désuète ne handicape pas nécessairement le récit, mais celui-ci est en revanche alourdi par des dialogues et des interprétations à la limite du puéril, qui évoquent plus les réparties ineptes de « Scènes de ménages » que les films de sabres. Ce choix d’une légèreté appuyée, visant un public très jeune, se fait au détriment d’une élégance qui finit par manquer désespérément à « 108 Rois-Démons ».

108 Rois-Démons
De Pascal Morelli
Avec Sylvain Mounier, Melissa Cornu, Hugues Hausman
Frenetic Films
Sortie le 25/02