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28 octobre 2020

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12 Monkeys : se révèle être une bonne surprise !

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12 Monkeys : La série

Adaptation télévisuelle du film éponyme de Terry Gilliam, « 12 Monkeys » se révèle être une bonne surprise qui parvient à se démarquer intelligemment de son modèle sans toutefois l’égaler.


En 1995, Terry Gilliam réalisait l’un de ses derniers grands films avec « L’Armée des douze singes ». Inspiré du court-métrage « La Jetée » de Chris Marker, il envoyait un Bruce Willis méconnaissable dans une haletante traque temporelle visant à empêcher l’apocalypse. L’univers malsain et torturé, la folie qui caractérise la plupart des personnages, le discours particulièrement pessimiste sur l’humanité, tout dans le film portait indéniablement la patte de l’auteur de « Brazil ». L’idée d’en faire une série TV était ainsi à la fois alléchante et risquée : le modèle pèserait inévitablement de tout son poids sur l’adaptation, laquelle avait tout intérêt à s’en écarter plutôt que d’en suivre chaque pas et souffrir immanquablement de la comparaison.

12 Monkeys : La série

C’est ce qu’a brillamment accompli FX avec sa récente relecture de « Fargo » : la série est parfaitement fidèle au film des frères Coen dans son univers, joue avec habileté le jeu des correspondances dans son intrigue tout en traçant avec succès sa propre voie. Si elle n’atteint pas ce niveau de réussite, « 12 Monkeys » se sort néanmoins de manière plutôt honorable de cet exercice périlleux. Si le point de départ est le même (un homme est envoyé dans le passé afin d’empêcher la création d’un virus destiné à anéantir l’humanité), l’intrigue se détache bien vite de celle que l’on connaît en approfondissant certains éléments du film avant d’aller explorer d’autres pistes.

12 Monkeys : La série

Ainsi, on use le concept du voyage dans le temps jusqu’à la corde et on s’amuse avec les différentes temporalités en développant davantage le monde du futur grâce à un changement de règle (contrairement au film, l’air est ici respirable pour les survivants qui se baladent donc librement à l’extérieur). Si l’on ne verra pas ici les tranchées de la Première Guerre mondiale, la quête effrénée du héros nous emmène des ruines de l’Amérique de 2043 au New York de 2015, en passant par le Tokyo de 1987 et la Tchétchénie de 2017. Au fil des épisodes, cette première saison se réapproprie la mythologie du film et se crée peu à peu sa propre identité : la fameuse « armée des douze singes », fausse piste chez Gilliam, n’est ici plus si innocente.

12 Monkeys : La série

La série n’est en réalité jamais aussi réussie que lorsqu’elle s’émancipe de son modèle : tandis que le souvenir transformé en rêve prémonitoire (qui annonçait dans le film le sort tragique réservé au héros) est utilisé maladroitement et d’une façon un peu anecdotique, le principe de boucle est, en revanche, exploité de façon plutôt maline en fin de saison et l’attention accrue portée aux événements de 2043 apporte un intérêt supplémentaire à l’intrigue. Aux rayons des nouveautés bienvenues, on notera également l’inquiétant tueur incarné par Tom Noonan, ainsi que ce mystérieux cadavre apparemment à l’origine du virus et qui promet de nous emmener encore plus loin dans le temps.

12 Monkeys : La série

L’unique point sur lequel le show ne réinvente pas vraiment la roue est bien entendu sa mise en forme : il était évidemment impossible de retrouver le style visuel si caractéristique de Terry Gilliam, et, si elle n’est pas honteuse, la réalisation de « 12 Monkeys » n’est pas franchement transcendante, efficace mais jamais aussi dérangeante que celle du film.

12 Monkeys : La série

Pour autant, l’adaptation de Syfy reste honorable. Respectueuse du matériau d’origine, cette première saison s’en démarque déjà habilement et met en place des pistes prometteuses pour la suite. En espérant que les quelques détours inutiles de ce début soient corrigés et que les scénaristes sachent vraiment où ils vont, on a déjà hâte de la saison 2.

12 Monkeys
Créée par Terry Matalas et Travis Fickett
Avec Aaron Stanford, Amanda Schull
Syfy, Atlas Entertainment et Universal Cable Productions

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