Le festival international de films indépendants de Genève, sans doute le plus intéressant abrité par la cité de Calvin, nous a envoyés en avance les premières annonces concernant la programmation, et elle promet déjà sérieusement ! Comme d’habitude, avons-nous envie de dire.


Le Festival Black Movie revient pour sa 18ème édition du 20 au 29 janvier 2017. Réputé pour sa défense âpre d’une cinéphilie indépendante et internationale ébranlée année après année, la manifestation poursuit son combat avec l’énergie des premiers jours, malgré des vents subventionnaires parfois contraires. Des réalisatrices et des réalisateurs d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine (entre autres) sont amenés à se rencontrer d’abord dans les salles obscures, par le truchement de sections thématiques patiemment élaborées par les co-directrices du festival, Kate Reidy et Maria Watzlawick. Puis lors des Questions-Réponses organisées après chaque séance avec le public, et lors de masterclass et de conférences produites pour l’occasion. Enfin lors des célèbres Nuits Blanches du festival, qui prennent cette année leurs quartiers à Kalvingrad (Usine), et entretiendront pour le plus grand bonheur des invités et des noctambules un esprit festif corseté par les législations actuelles.

Films de fiction, documentaires, projets expérimentaux, animation en provenance des quatre coins du monde s’entrechoquent durant 10 jours à Genève. En 2017, les collaborations vont s’intensifier avec les festivals-frères de Black Movie : Rotterdam, Vesoul, Lille, Saint-Louis… Et c’est comme à chaque fois un Jury International qui remettra le Prix de la Critique, doté par la Ville de Genève. On peut déjà citer les noms de ses éminents membres. Le critique aussi britannique que chevronné Nigel Floyd, la journaliste belge Frédérique Morin, Francisco Ferreira, critique à l’hebdomadaire portugais Expresso, Daniela Catelli écrivain et critique italienne, et enfin Catherine Bray journaliste britannique et directrice éditoriale de Film4 Online, ainsi que productrice à ses heures.

L’objectif demeure de dépasser la fréquentation de l’édition 2016, qui avait culminé autour de 30’000 festivaliers, séances jeune public incluses.

18ème BLACK MOVIE :
O Ornitologo

Lorsque j’ai découvert la liste des premiers films programmés j’ai sauté au plafond deux fois. La première en voyant que l’OVNI « La Belladone de la tristesse » serait projeté sur grand écran en copie neuve. Ce film d’animation japonais complètement fou jouit d’un statut culte totalement justifié puisque, à l’instar de vrais films cultes comme « The Horror Picture Show » ou « El Topo », il fut une totale anomalie sortie en 1973 et qui a fait un véritable four à sa sortie. Avant de regagner ses lettres de noblesse grâce aux quelques rares chanceux ayant pu le découvrir lors de sa courte sortie. L’histoire est adaptée d’un essaie de Jules Michelet, « La Sorcière » dans lequel, au moyen-âge, une jeune paysanne violée par le seigneur local fait un pacte avec le diable pour devenir une puissante sorcière et se venger. Le réalisateur Eiichi Yamamoto livre un film totalement barré, d’une charge érotique rare, mélangeant les techniques d’animation en s’éloignant des canons nippons en la matière. Le tout bercé par une musique psychédélique hallucinogène typique des seventies. Un voyage hypnotique que tout cinéphile se doit de tenter, surtout sur grand écran !

Second bond en apprenant la diffusion du très encensé thriller mystique « The Strangers », le dernier film du Sud-Coréen Na Hong-jin (réalisateur des immenses « The Chaser » et « The Murderer »). Une ballade dans l’arrière-pays montagneux coréen, qui voit un policier confronté à des meurtres en série et une épidémie de démence, convoquer un chaman pour tenter de comprendre tout ça. Un franc succès dans tous les festivals où il a montré son nez.

18ème BLACK MOVIE : Belladonna

Comptez aussi sur le retour à Black Movie de João Pedro Rodrigues avec son film « O Ornitólogo », en présence de l’acteur français Paul Hamy (« Suzanne », « Mon Roi », « Malgré la nuit »…). Vous pourrez en outre découvrir le documentaire de Werner Herzog « Lo And Behold: Reveries Of The Connected World », présenté en association avec le Mapping Festival ; « La Ragión salvaje », nouveau film de notre réalisateur fétiche Amat Escalante, en présence du réalisateur et « Wrong Elements », premier film de l’écrivain franco-américain Jonathan Littell (« Les bienveillantes »). Les invités confirmés comptent aussi les réalisateurs Samantha Biffot, Augusto César Sandino, Rama Thiaw, Lee Dong-ha, Juan Sebastian Mesa et l’acteur Makis Papadimitriou.

On appréciera en passant le grand nombre de pays dont sont issus les films, avec des métrages venant de Colombie, Grèce, Russie, Philippines, Kazakhstan, République Tchèque, Bulgarie, Japon, Inde, Algérie, Chine, Iran, Estonie, Sénégal… Le cinéma est un art mondial, et il sera intéressant de comparer les formes qu’adopte chaque pays.

Les plus jeunes auront comme de coutume leur programmation de films au Petit Black Movie, présentée au Musée de la Croix-Rouge pour les familles. Nouveauté, une collaboration est ouverte avec le Conservatoire populaire de musique, danse et théâtre, autour d’une mise en musique d’une sélection de films d’animation japonais rares.

Les séances auront lieu à la Maison des Arts du Grütli, au Cinéma Spoutnik, au Cinélux, et à l’Alhambra.

18ème BLACK MOVIE
Genève
Du 20/01 au 29/01
www.blackmovie.ch
[Tiré du dossier de presse]

A propos de l'auteur

se promène souvent dans les bois avec un tronc d'arbre sur l'épaule. Aime respirer l'odeur du napalm au petit matin. Et quand il tire, il raconte pas sa vie !

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