A Pigeon Sat On A Branch Reflecting On Existence

A Pigeon Sat On A Branch Reflecting On Existence


Couronné par le Lion d’or à Venise, « A Pigeon Sat on a Branch… » clôt ce que Roy Andersson appelle une trilogie sur le « vivant », sur la condition de l’être humain.


Une condition faite plus souvent de petits malheurs, de solitude et de tragi-comédie que de franche rigolade. S’inscrivant dans la continuité de « Chansons du deuxième étage » et « Nous, les vivants », ce troisième film en reprend le style théâtral, les costumes et les décors plus gris et déprimants que jamais, avec mention spéciale pour le lino défraîchi, le mobilier Ikea passé et les éclairages impersonnels.

Le ton de cette nouvelle suite de scénettes imbriquées entre elles se veut encore une fois doux-amer, voire carrément triste. Traversé par des personnages qui sont à peu près tous en train de passer à côté de leur existence (mention spéciale aux deux sinistres représentants de farces et attrapes, condamnés à répéter en boucle le même laïus de vente), le film propose une certaine idée de la vacuité de la vie telle qu’elle est subie par celles et ceux qui en sont les perdants. Il n’y a que les enfants et les jeunes qui semblent échapper, pour un temps, au regard caustique et désenchanté du réalisateur. Qui se fend, et c’est inattendu, de quelques piques politiques par le recours à un surréalisme spectaculaire, instillant une angoisse prégnante dans la seconde moitié du film.

Si l’humour, pas toujours noir, détend ici et là une atmosphère sur laquelle plane la fatigue et la mort, on s’amuse un peu moins que dans les deux précédents longs métrages, ce qui fait à la fois la surprise et la déception de cette conclusion à une trilogie au ton tellement scandinave, qu’il vaut la peine de découvrir.

A Pigeon Sat On A Branch Reflecting On Existence
De Roy Andersson
Avec Nisse Vestblom, Holger Andersson
Look Now !
Sortie : 29 avril 2015