Le cinéma durant le Coronavirus : Contre toute attente et malgré les dernières directives de la Confédération suisse, grâce à « Bollywood Movies Switzerland », au cinéma Pathé Genève et au canton qui le laisse encore ouvert, notre rédaction s’est rendue (presque exceptionnellement) à la séance pour découvrir le film cité en titre.


Ananya, la fille d’un des plus célèbres fabricants des fameuses douceurs indiennes, ressent le désir fort de quitter son cocon natal pour vivre de ses propres ailes. Tout d’abord, son père Champak Bansal, s’oppose d’abord à ce souhait. Puis, certains de ses souvenirs ressurgirent à propos de son épouse, à présent décédée, et qui avait souffert de son manque de liberté après leur mariage. C’est pourquoi, il proposa à sa fille un voyage à Londres. En contrepartie, elle dû travailler intensément afin d’atteindre le top 3 des meilleurs élèves de son école et ainsi, la capitale leur sera plus facilement accessible par ce biais. C’est-à-dire que les 3 étudiant-e-s les plus brillants, pourront se rendre à l’autre bout du monde dans le but de poursuivre leurs études. Mais si Ananya obtint effectivement d’excellents résultats lui permettant son futur séjour, les différentes embrouilles liées à son père et son commerce, finirent par la rattraper. Toutefois, tel père, telle fille car les 2 sont têtus et ils arrièvent par différents moyens à finalement, se rendre à Londres. Néanmoins, ils ne soupçonnèrent pas du tout une arrestation, sur un malentendu, de Champak… Qui sera finalement, expulser définitivement du Royaume-Uni. Comment feront-ils donc pour se retrouver, qu’Ananya puisse enfin se sentir libre de ses obligations et continue ses études tranquillement ?

3 ans après le très bon « Hindi Medium » qui traitait des différences sociales entre les riches et les pauvres au niveau scolaire entre autres, Irrfan Khan rempile pour une séquelle tout autant sociale, touchante et plutôt libératrice par rapport aux femmes.

Si la réalisation et mise en scène d’ « Hindi Medium » en 2017 avait déjà en tête d’affiche l’excellent acteur Irrfan Khan (« Puzzle »), sa suite n’en est pas véritablement une. Certes, les thèmes et valeurs de bases sont repris à l’exemple du soutien et de la famille. Néanmoins, le fil rouge s’avère être totalement différent. Car au sein d’ « Angrezi Medium », pouvant se traduire en anglais plus ou moins par « English Medium », la fiction aborde d’autres sujets souvent peu utilisés au niveau des productions indiennes.

Toutefois, ces différentes approches gardent toujours un ton léger, sans pour autant en oublier le côté dramatique. Car la famille « Bansal » traversera de nombreuses embûches et sera à plusieurs reprises, éprouvée. Tant au niveau des biens familiaux comme les fameuses douceurs ghasitaram, que l’adaptation et l’intégration à des cultures différentes durant leur voyage et séjour dans la capitale de la Grande-Bretagne.

Outre ces aspects, si le scénario d’ « Angrezi Medium » demeure réaliste, plutôt bien écrit et filmé, malheureusement, plusieurs scènes sont inutiles et rallongent souvent l’intrigue du long-métrage. De plus, le récit met également un peu trop de temps à se mettre en place. Néanmoins, si la réalisation contient des scènes donnant parfois l’impression aux spectateurs-trices d’être totalement absurdes, entre les décors, les émotions jouées et se dégageant des comédiens-iennes ou encore, les différents lieux de tournage, rendent l’histoire beaucoup plus intéressante.

A propos de la distribution, si effectivement, Irrfan Khan incarne un très beau et attachant rôle principal, sa partenaire Radhika Madan s’avère davantage émouvante, mature et déterminée au travers de son jeu. D’ailleurs, elle fait très bien ressentir la jeunesse et les envies irrésistibles de découvertes de son personnage.

Quoiqu’il en soit et malencontreusement pour l’entier de l’équipe, il demeure fort probable que le succès d’ « Angrezi Medium » ne soit pas au rendez-vous. En effet, c’est presque un miracle que le long-métrage ait été distribué en Suisse romande, car le coronavirus touche aussi gentiment l’Inde et sa très puissante industrie du cinéma. Du reste, plusieurs studios de cinéma tournent au ralenti, voire même, ont cessé de produire-distribuer de futures fictions. Des milliers de cinémas ont déjà fermé par sécurité également.

Au final, si « Angrezi Medium » s’adresse à un large public, il ne plaira cependant pas aux enfants parce que le contenu reste difficile à comprendre. Néanmoins, cette réalisation intimiste indienne (et non Bollywood car aucune danse et très peu de chants sont inclus), permet de mieux comprendre certaines habitudes et pressions au sein de ce pays. Et surtout, de s’interroger quant aux souhaits des générations à venir, tant pour le Vieux Continent qu’à l’autre bout du monde.

Angrezi Medium
India – 2020 – 145 mn – Drame
Réalisateur: Homi Adajania
Casting: Irrfan Khan, Radhika Madan, Kareena Kapoor Khan, Deepak Dobriyal, Dimple Kapadia

« Angrezi Medium » : Leçons de vie pour un père et sa fille
4.0Note Finale

A propos de l'auteur

Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

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