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mardi, juillet 23, 2024
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Après trois ans de travaux, le Capitole rouvre ses portes

Lauren von Beust
Lauren von Beust
Amoureux du film «American Gigolo», ses parents la prénomme en hommage à l'actrice américaine Lauren Hutton. Ainsi marquée dans le berceau, comment aurait-elle pu, en grandissant, rester indifférente au 7ème art ? S'enivrant des classiques comme des films d'auteur, cette inconditionnelle de Meryl Streep a prolongé sa culture en menant des études universitaires en théories et histoire du cinéma. Omniprésent dans sa vie, c'est encore et toujours le cinéma qui l'a guidée vers le journalisme, dont elle a fait son métier. Celle qui se rend dans les salles pour s'évader et prolonger ses rêves, ne passe pas un jour sans glisser une réplique de film dans les conversations. Une preuve indélébile de sa passion. Et à tous ceux qui n'épellent pas son prénom correctement ou qui le prononcent au masculin, la Vaudoise leur répond fièrement, non sans une pointe de revanche : «L-A-U-R-E-N, comme Lauren Bacall !». Ça fait classe !

La Cinémathèque suisse invite le public à découvrir le célèbre cinéma lausannois rénové lors d’un week-end portes ouvertes, les 24 et 25 février. Un petit amuse-bouche avant de pouvoir en profiter pleinement dès la réouverture officielle, début mars. 


«S’il y avait une salle de cinéma à sauver à Lausanne, c’était bien celle-ci.» Et bien, voilà qui est fait. Le syndic de Lausanne, Grégoire Junod, a été fier de présenter à la presse, il y a quelques jours, le nouveau Capitole. Après trois ans de travaux de rénovation et d’agrandissement, ce dernier accueillera le grand public lors d’un week-end portes ouvertes les 24 et 25 février, avant la réouverture officielle début mars. «C’est presque 100 ans d’histoire que l’on préserve», s’en est félicité Frédéric Maire, directeur de la Cinémathèque. Cette dernière a quitté le casino de Montbenon pour s’établir l’avenue du Théâtre. «C’est un projet à dimensions patrimoniale et culturelle», a avancé Grégoire Junod.

Inauguré en 1928, le légendaire Capitole a vécu sa troisième grande révolution après des transformations en 1959. Le chantier de 2021-2024, qui a coûté 21,6 millions de francs, a permis la création en sous-sol d’une deuxième salle et d’un nouveau foyer à l’architecture contemporaine. Le syndic de la capitale vaudoise a rappelé qu’«en 1928, les travaux de construction avaient coûté un million et duré 6 mois». Les temps ont changé… Mais rassurez-vous, la lustrerie et le velours rouge sont éternels. 

La Cinémathèque règne en maître
La nouvelle salle de 140 places, en sous-sol, permettra à la Cinémathèque suisse de diversifier ses activités et de garder des films à l’affiche plus longtemps. Des longs-métrages en avant-première, des films récents ou encore des nouvelles restaurations de films classiques seront projetés dans cet espace baptisé du nom de l’ancienne propriétaire des lieux, Lucienne Schnegg, disparue en 2015 à l’âge de 90 ans. Engagée dans ce cinéma en 1949, celle qu’on appelait la «Petite dame du Capitole» en avait pris la direction en 1956, l’avait acheté en 1996 et assuré son exploitation jusqu’en 2010. Jusqu’à ce que la Ville de Lausanne en fasse l’acquisition cette même année.  

Quant à la grande salle, elle a été renommée Freddy Buache, du nom de celui qui a dirigé la Cinémathèque suisse entre 1951 et 1996, et qui, jusqu’à l’année de sa mort, n’a cessé de transmettre sa passion aux étudiants en cinéma. Quelque 736 sièges tout neufs et une nouvelle moquette, qui a retrouvé sa couleur d’origine, attendent aussi les premiers spectateurs. Cette salle abritera de nombreux événements à venir.  

Rien n’a changé, ou presque
Les deux cabines sont équipées pour la projection numérique 4K et analogique, permettant de passer des films à la fois sur pellicules 16mm, 35mm mais aussi 70mm, un format qui n’avait pas été utilisé au Capitole depuis les années 1970. Le film «2001: A Space Odyssey» de Stanley Kubrick, diffusé le samedi 24 février, aura l’honneur de l’inaugurer en ces lieux. 

Comme évoqué plus haut, le velours rouge qui tapisse les murs de la grande salle est intact. Celui-ci, très fragile, a été protégé pendant toute la durée des travaux. La lustrerie qui orne l’espace est restée la même depuis les années 50. Mais encrassés par la nicotine (car oui, à l’époque, on pouvait fumer à l’intérieur !), les pans du foyer ont été débarrassés de leur couleur brunâtre. Quant aux toilettes, qui datent de 1928, elles ont été rafraîchies et sauvegardées. 

À la recherche des fonds qui manquent 
Le chantier, qui a coûté 21,6 millions de francs, a pu être financé de moitié par un emprunt bancaire. Le reste provient de fonds privés et de fonds publics, comme l’Etat de Vaud et la Confédération. «C’est la première fois que cette dernière intervient pour sauver une salle de cinéma. C’est un geste essentiel», s’est réjouit Frédéric Maire. Mais l’argent n’a pas totalement été réuni. «Nous ne sommes pas au bout de la recherche, a déclaré Olivier Steimer, président de la Fondation Capitole, qui gère le financement. Nous lançons une campagne de levée de fonds pour soutenir la phase finale du chantier. Il est possible de s’offrir une place dans l’histoire du cinéma en achetant les fauteuils du Capitole.» Les prix vont de 500 francs pour un siège dans la petite salle et jusqu’à 20’000 francs pour un lot de 20 sièges au parterre de la grande. En échange de leurs dons, les acquéreurs bénéficieront d’entrées aux projections. 

Olivier Steimer se souvient d’ailleurs de son premier film au cinéma. Un western avec son papa, quand il avait 6 ans. Plus tard, c’est un travail de maturité sur les surréalistes qui l’a rapproché un peu plus du 7ème art. «Je ne crois pas que le texte ait eu un grand succès, plaisante-t-il. Mais j’ai beaucoup appris.» Cette occasion lui aura au moins permis de rencontrer Freddy Buache. 

Certes, on s’éloigne du western et des surréalistes, car la Cinémathèque relancera la machine dans ce nouveau lieu avec une rétrospective du réalisateur américain Spike Lee, prévue pour les mois de mars et avril. Et nouveauté dès cette année : les vendredis de la peur, qui débuteront par «The Exorcist» le 26 avril. Mais avant, comme évoqué plus haut, le public pourra découvrir ou redécouvrir «2001: A Space Odyssey» de Stanley Kubrick, le 24 février à 20h, puis «Le Grand Blond avec une chaussure noire» d’Yves Robert, le dimanche 25 février à 17h. Les Rencontres 7ème art Lausanne, qui profiteront du lieu entre le 7 au 17 mars, ouvriront sur «Chicago» de Rob Marshall. Silence, le film commence… 

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