Parmi les stars du catch américain des années 80, il en fut une qui sortit du loto : Hulk Hogan, promu au rang de vedette grâce à son apparition dans « Rocky III ». Les nanardeurs le remercient d’avoir poursuivi sa carrière cinématographique !


HULK HOGAN VS LE MECHANT PDG
Grâce à son physique de viking, son talent de cabotin du ring et son personnage bien rodé de gentille brute, Hulk Hogan, de son vrai nom Terry Bollea, est l’homme qui permit au catch américain de devenir un divertissement de premier plan. Le cinéma, habitué à propulser devant les projecteurs n’importe quelle célébrité, ne pouvait pas manquer d’exploiter son potentiel. Le résultat devait être à la fois le lancement de Hulk Hogan comme acteur (Mr T. avait bien réussi) et le film-locomotive de la mode du catch. A l’arrivée, ce fut un désastre commercial et surtout artistique, qui n’intéressera que les amateurs d’accidents industriels : c’est dire s’il a sa place ici !

Un film vraiment réussi peut se deviner dès les premières minutes : en l’occurrence, la première image donne le ton, avec une réplique qui fera date. « OUAAAAAAAAAAAAAAAAAAARRRRRRRRRGHH ! » Hulk Hogan, en gros plan, hurle sa joie en projetant au ralenti des filets de bave dans tous les sens. Il se dirige ensuite vers le ring sous les applaudissements de la foule en hurlant « Ça va saigner ! ». Oui, car Hulk Hogan joue le catcheur Rip, grande gueule mais gentil, et star absolue des médias. Un vrai rôle de composition, quoi !

Cadence de combat

Cadence de combat

Rip est sous contrat avec une chaîne de télévision, qui crève l’audimat grâce à lui. Cela n’est pas du goût d’un certain Brell, PDG d’une chaîne concurrente et requin sans scrupules, que plus méchant que lui, tu es PDG de TF1 ! Il tente de débaucher Rip en lui proposant un pont d’or. Mais Rip, auquel son vieil entraîneur noir (quota ethnique) a appris le sens du mot fidélité, envoie paître le vil malandrin. L’appât du gain, le merchandising, le spectacle pour le spectacle, ce n’est pas pour Hulk Hogan, car le catch est un art noble !

Furieux, l’infâme Brell décide de battre Rip à son propre jeu en proposant sur sa chaîne de télé un spectacle brutal et sans merci, en appelant aux bas instincts de la foule, à la différence du catch qui, lui, élève l’esprit du public ! Le méchant PDG et ses assistants se rendent au spectacle d’un match clandestin sans aucune règle, dans l’arrière-salle d’un bar poisseux. Ses conclusions devant les empoignades d’une bande de saoulards des cavernes : VOILA ce que veulent voir les spectateurs ! Des combats BESTIAUX, IGNOBLES, d’une BASSESSE INOUÏE ! Le succès arrivant, l’affrontement devient inévitable…

LE CACA !!??
Le film abonde en situations totalement grotesques, Rip se comportant comme une espèce de super-héros à la Santo. On le voit ainsi interrompre un hold-up dans un restaurant en mettant en fuite deux gangsters armés en les bombardant d’assiettes. Une autre scène, au potentiel hautement comique, le voit affronter les sbires de Brell. Ayant estourbi toute la bande, il saisit le dernier debout en poussant des grognements de rottweiler en rut, et le méchant se fait littéralement dessus de peur. Dialogue, de mémoire :

– Hulk Hogan : « GRRRRR ! GRRROUMMPF ! GROUAAARRGH ! Mpfff… Mais… Qu’est-ce qui pue comme ça ??? »

– Le sbire : « Ha… Gheu… le… le caca ! »

– Hulk Hogan : « GRRRRRRRR !!!! Le… CACAAAAAA ??!!? »

Shakespeare ? Enfoncé !
D’une bêtise épaisse et grasse comme une tranche de lard de baleine, « Cadence de combat » est une authentique aberration issue d’un briefing de producteurs aussi idiots que sans scrupules. Si vous aimez contempler l’affrontement de montagnes de barbaques en sueur et vêtues de slips multicolores, ce film est pour vous ! Mais si vous aimez également les nanars sportifs, les acteurs en roue libre, les dialogues stupides et le hard-rock FM, votre bonheur ne connaîtra plus de limites ! Quant à Hulk Hogan, ce film devait marquer le véritable début d’une carrière d’acteur génialement nulle, qui le vit passer d’un caméo pas drôle dans « Gremlins 2 » à la série télé magnifiquement pourrave «  Caraïbes Offshore », sorte de croisement entre « GI Joe » et « Alerte à Malibu ».

[Nikita Malliarakis]
Retrouvez l’intégralité de cette critique – et des centaines d’autres – sur nanarland.com, le site des mauvais films sympathiques.

A propos de l'auteur

Daily Movies est à ce jour le magazine le plus complet en information cinéma, ciblant un large public de tous âges. Avec son format original et accessible gratuitement ou en abonnement grâce à ses différents partenaires, Daily Movies est l’un des moyens privilégiés permettant à de nombreuses personnes d’être informées de l’actualité cinématographique en Suisse.

Articles similaires