Pour la 6ème année consécutive, le festival « CinéMasala » à Lausanne propose à nouveau 2 thèmes intelligents et pertinents : le mariage et la mort en Inde. Qu’il s’agisse de documentaires ou de films Bollywood, les organisateurs offrent un large choix à (re) découvrir.


Présenté par Nicola Pozza, un des membres du comité de CinéMasala, son introduction permet de nous rappeler que l’évènement se déroulera du 14 au 17 novembre 2018, qu’il nous sera possible de découvrir différentes sortes de fictions, d’animations culturelles, et même de se restaurer avec une excellente cuisine indienne durant la manifestation.

Entièrement gratuite au niveau des entrées (à part le repas), « CinéMasala » reste accessible à un large public qu’il soit amateur ou connaisseur. Se déroulant entre l’Université de Lausanne (UNIL) et le centre de ladite ville, comme à chaque fois depuis sa création, les organisateurs ont également sélectionné 2 sujets spécifiques permettant un débat avec les invité-e-s à la fin de toutes les séances. Chapeauté par l’association de « La Route du Tchaï« , le festival évolue année après année tout en gardant son ambiance intimiste et chaleureuse.

S’ensuivit les quelques remerciements relatifs aux différents partenaires et au public pour notre présence. Puis, M. Pozza invita Philippe Brochet à le rejoindre afin de présenter le film de la soirée : « Thithi« . Signifiant, notamment, le jour lunaire en français, la réalisation se veut décalée, sarcastique et très éloignée des grosses productions bollywoodiennes habituelles. Le prologue terminé, « Thithi » débuta amenant son étonnant regard sur les brahmans.

Dans un petit village du Karnataka au sud de l’Inde, Century Gowda décéda soudainement à l’âge de 101 ans. Cette tragédie affecta, à différents degrés, tous les habitants de Nodekoppalu. Alors que certaines personnes en furent bouleversées, d’autres ne songèrent qu’à participer au futur repas des funérailles. Quant à la famille du défunt, la tristesse du fils fut très brève, à cause, de l’appât d’un lopin de terre et le petit-fils, continua rapidement à vaquer à ses occupations douteuses.

En 2015, au sein de plusieurs festivals internationaux dont le prestigieux « Locarno International Film Festival » en Suisse, fut diffusé une fiction indienne traitant de la mort d’une manière très originale. Enchaînant les manifestations du genre et gagnant de nombreux prix, le réalisateur Raam Reddy connu un succès fulgurant sans pour autant décider de continuer à tourner par la suite. Pourtant 3 ans après, sa mise en scène demeure toujours marquante et troublante par rapport aux us et coutumes indiennes.

Bien que son côté philosophique interpelle aussi, la part d’humour et l’honnêteté des propos des comédiens-iennes amateurs-trices, montrent à merveille l’efficacité et l’innovation de « Thithi« . Tant au niveau du casting, car la majorité d’entre eux étaient et sont restés des acteurs-trices non-professionnels-e-s, mais également par rapport au respect des traditions brahmaniques lors d’un décès dans une telle caste. Certes, quelques éléments ont été modifiés rendant la trame plus accessible pour un large public. Cependant, ce qui peut être perçu comme un défaut est en réalité une force parce que ces changements apportés, amènent une belle plus-value quant à l’ambiance générale de la réalisation.

Les décors naturels, le mode de vie du village, les animaux ainsi que la discrétion des caméras, donnent sans cesse l’impression qu’un imprévu peut très vite arriver et changer totalement la tranquillité des villageois-e-s.

Comme expliqué lors de l’interaction avec le public à la fin de « Thithi » par Philippe Brochet, une majeure partie des séquences et tranches de vies filmées, demeurent proches de la réalité. A l’exemple des bergers en mouvance presque quotidienne, ou de l’importance des femmes au sein de l’état du Karnataka (fait rare pour l’Inde), entre autres, lors de rites.

Divertissant, intelligent et téméraire, « Thithi » surprend plusieurs fois et ne laisse personne insensible avec de tels sujets comme la mort, la famille et la solitude. Une œuvre cinématographique remettant facilement en question nos différentes habitudes et mœurs par rapport à la mort… Sans pour autant heurter ou froisser le public.

Informations: www.cinemasala.ch

CinéMasala 2018 : une première bonne soirée pour le festival lausannois et un film relatant une période particulière dans un village indien.
4.0Note Finale