Le réalisateur engagé à gauche israélien continue son œuvre de rapprochement des communautés, en prônant un Israël antisioniste, c’est-à-dire qui ne se définit pas comme un état juif, mais comme un état reconnaissant à égalité tous ses citoyens, quelles que soient leurs religions.

Ce documentaire filmé en DV caméra à l’épaule, suit les recherches d’Avi Mograbi sur les traces de ses ancêtres, causées par un rêve où il s’est vu en 1920 parler à son grand-père Ibrahim, devant la maison familiale de Damas. Il fait appel à son professeur d’arabe et ami, Ali Al-Azhari, palestinien habitant avec sa femme juive à Tel-Aviv, pour remonter les traces de ce rêve.

Commence alors un voyage dans l’ancien Moyen-Orient, où les communautés cohabitaient pacifiquement.

Malgré toute la sympathie qu’on a pour le réalisateur israélien, ce périple est un peu vain. Volontairement brouillon – le film suit les recherches hésitantes des amis, sans véritable fil conducteur, et parfois interrompu par le récit en Super 8 d’une liaison entre un juif et une Libanaise à Beyrouth – le récit peine à intéresser le spectateur blasé par tout ce qu’il entend depuis des décennies sur le conflit israélo-palestinien. On sait qu’il y a cent ans les juifs, musulmans et chrétiens vivaient en bonne entente de Beyrouth à Bagdad ; on sait qu’une cohabitation pacifique et respectueuse fut possible un jour. Seulement, la génération actuelle des Palestiniens est celle de Septembre Noir, des écorchés vifs qui n’ont connu que la vie en camp ou sous occupation. Quant aux Israéliens, l’immigration des ex-républiques soviétiques a déversé une population sans aucune connexion avec le passé local, pétrie d’extrémisme et d’intransigeance. Ali et Avi forment un beau duo d’amis, qui, hélas, sent diablement le formol.

Pays (Année) : Suisse/France/Israël (2013)
Genre: documentaire
Distributeur: Moa Distribution
Durée: 97min
Réalisation: Avi Mograbi
Sortie: 11.09.2013 (Romandie)

A propos de l'auteur

se promène souvent dans les bois avec un tronc d'arbre sur l'épaule. Aime respirer l'odeur du napalm au petit matin. Et quand il tire, il raconte pas sa vie !

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