Il faut bien l’admettre, 2012 a été une petite année de cinéma. À l’heure des bilans, tout le monde s’est accordé pour dire que les excellents films se sont faits très rares au cours des douze derniers mois. Mais rassure-toi lecteur! 2013 semble bien décidé à changer la donne. Si l’on se fie à ce mois de janvier tonitruant, on serait même prêt à parier que cette année nous réserve une cuvée d’exception. Entre le très bon «Django Unchained» et l’immense (je pèse mes mots) «Zero Dark Thirty», c’est en tout cas bien parti! Mais si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour vous parler d’un événement inédit et autrement plus important pour le Jura bernois : la première projection de «Jack ist Back», un moyen métrage écrit, réalisé et joué presque exclusivement par des Prévôtois.  Voici donc tout ce qu’il faut savoir sur ce projet de longue date qui bénéficiera d’une séance unique au cinéma Palace de Bévilard le 12 février à 20h00. Amenez vos potes, l’entrée est gratuite et ça promet une belle ambiance!

Aux origines de Jack
Remonter aux origines de «Jack ist Back» nous renvoie en 1997. Il y a 16 ans, Jérémy Morize et Stéphane Gerber ont eu l’idée de réaliser un court métrage. Alors âgés de 13 ans, ces deux copains d’école à l’imagination débordante se sont rendus en forêt pour tourner un film que l’on pourrait qualifier de «slasher expérimental». Slasher, parce que cette première réalisation mettait en scène un mystérieux tueur masqué (pour autant qu’il s’agisse d’un masque…) aux motivations difficilement identifiables. Expérimental, parce qu’il a été fait avec les moyens du bord: une vieille caméra, aucun montage, aucune musique et des effets visuels fauchés. Certes, la qualité cinématographique du résultat était discutable, mais ces quelques minutes marquaient le début d’une véritable franchise. Et le tueur avait trouvé son nom: Jack.

«Il est de retour»
Sur la base de ce coup d’essai, les deux compères ont fondé leur boîte de production – la «GM Production» – et ont renouvelé l’expérience. Faisant appel à leurs copains, ils ont enchaîné les «Jack ist Back». Pas moins de huit épisodes ont ainsi été tournés entre 1997 et 2007. Au fil du temps, les meurtres ont gagné en originalité et les acteurs ont appris à ajuster leur jeu pour qu’il corresponde aux standards du nanar. Mais si la technique et la qualité des films n’a cessé d’évoluer, l’histoire restait toujours la même; que ce soit une équipe de randonneurs, d’agents secrets, de skieurs ou de fêtards, un petit groupe d’individus se faisait à chaque fois massacrer par le même Jack, encore et toujours de retour.

GUETE
Au fond, ce sont justement les répétitions qui fondent l’esprit de cette série de courts métrages. Dès le premier épisode, Jack s’est démarqué des plus grands «boogeymen» de l’histoire du cinéma d’horreur grâce à ses répliques cultes. Tout d’abord, la tradition veut qu’après la mort de la dernière victime, chaque film est ponctué d’une morale hautement philosophique et toujours écrite avec un souci de la rime, dans la veine de: «Vous savez les mecs! Faire une fête à 4 heures, ça porte pas bonheur!». Mais surtout, Jack ne serait rien sans son fameux et désormais mythique cri. En effet, dès le tout premier «Jack ist Back», le tueur beugle «GUETE» avant, pendant ou après ses meurtres. Ce cri cathartique semble lui permettre d’exprimer toute la violence qui sommeille en lui. Mais pourquoi «Guete» («bon appétit» en français)? Nous ne le saurons sans doute jamais. Quoiqu’il en soit, ce simple mot est devenu la marque de fabrique de la franchise.

«Jack ist Back», le moyen métrage
Après une série de huit courts métrages, la «GM Production» a décidé de passer à la vitesse supérieure. En 2009, elle a donné le coup d’envoi de son premier moyen métrage, sobrement intitulé «Jack ist Back». Après trois longues années de tournage, elle est heureuse de nous présenter son bébé. L’attente aura été longue, mais le jeu en valait la chandelle. Au final, c’est plus de 42 minutes de film que le duo de réalisateurs nous offre. Et quel film!

Affutez votre 2ème degré
Pour apprécier ce «Jack ist Back» comme il se doit, il est strictement indispensable d’être réceptif à son humour. Les amateurs de séries B régressives et de mauvais genre seront aux anges. Parfaitement rythmé, le film enchaîne les moments d’anthologie. Des braqueurs/preneurs d’otages cocaïnomanes et scatophiles aux soldats d’élite qui composent un bataillon particulièrement hétérogène, tous les personnages sont au sommet de leur caricature et le jeu des acteurs est toujours forcé au maximum. Mais mine de rien, les artisans de la «GM Prod» ne sont pas des manches. Bien qu’elles soient adaptées à leurs moyens, leurs idées de mise en scène sont légions. Les cadres sont soignés et une bonne partie de l’excellente musique qui accompagne le film a été composée par les réalisateurs. Chapeau bas!

On espère donc vous voir nombreux le mardi 12 février au cinéma Palace de Bévilard pour venir découvrir ce petit bijou hautement corrosif. La projection débutera à 20h00 précises. Une centaine de personnes sont déjà inscrites à l’événement, pensez donc à venir un brin en avance.

Et si vous ne savez pas comment passer le temps d’ici là, allez donc jeter un œil au site de la «GM Production». Vous pourrez y voir (ou revoir) les épisodes 5 à 8 de la série. Les quatre premiers faisant désormais partie du patrimoine mondial de l’UNESCO, ils sont conservés dans un lieu top secret.

 

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