« Destination Tokyo 2021 » : Quand « Le Joker » rencontre et apprécie « Cercei Lannister ».

Le Crochetan et "De-To" en octobre dernier.

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Carlos Mühlig
Carlos Mühlig
Depuis des nombreuses années, Carlos Mühlig met son savoir faire journalistique et en matière de communication au service de sa passion pour le 7ème art.

A l’occasion de la 6ème édition de « Destination Tokyo » à Monthey, avec notre partenaire « Baka News Network », nous avons rencontré 2 comédiens, notamment de doublage, expérimentés et motivés à nous parler de leur incroyable métier.


Bonjour à vous 2 et merci de prendre le temps de répondre à nos questions. Vous doublez et faites beaucoup de théâtre notamment. Pourquoi avoir suivi ces différentes voies et n’est-ce pas trop éprouvant d’enchaîner ?

Laurence Bréheret : Ce qui est difficile en fait, c’est de ne pas travailler. Ça fait 30 ans que je fais ce métier, à peu près comme Boris, et à aucun moment j’ai l’impression de travailler. Je vais jouer en fait. Tous les matins, quand tu te lèves et a la chance d’être appelée pour travailler, soit un doublage, au théâtre, un tournage, tu vas jouer. Et je souhaite à tout le monde d’avoir un métier où on est tellement heureux de se rendre sur le lieu où on travaille.

Boris Rehlinger : C’est une passion, ça peut être dévorant. Très peu de gens en vivent et chaque instant est précieux. Et je suis toujours émerveillé d’être toujours désiré. Parce qu’on dépend du désir des gens. Enchaîner non, parce qu’en fait, que ce soit du doublage, du théâtre ou voix de pub, c’est toujours le même plaisir, le même moteur et envie. On ne roule pas à la même vitesse, mais c’est la même voiture. Donc, j’espère que nous sommes des des « Aston Martin ». On ne roule pas à 300 km/h tout le temps, mais c’est la même voiture. J’adore enchaîner les choses. C’est quand on ne travaille pas que c’est très, très compliqué.

L. B. : Oui, on a peur de tomber dans l’oubli en fait. Quand le téléphone ne sonne pas (pour un casting), c’est vrai qu’on se remet en question puisque notre instrument, c’est nous aussi. Mais pour l’instant, on a la chance d’être toujours là et on espère que ça va durer.

Ces dernières années, les méthodes de doublage ont changé. Mais en quoi et n’est-ce pas trop rapide pour vous ?

L. B. : Ca va très vite, avec la Covid en plus, on est seuls en studio. Il faut donc faire comme si on était avec nos partenaires. Donc, plus d’attention, plus de concentration pour le D. A. (Directeur Artistique) et pour nous. Et c’est vrai que ça va très vite aujourd’hui et pour les gens qui démarrent le doublage, on n’a pas le temps. C’est difficile pour eux de démarrer car il faut tout de suite être bien. Y a pas mal de boulot avec toutes les plateformes qui sont là c’est vrai que ça va vite, mais en même temps, nous on a la chance d’avoir l’expérience. Pour ceux qui démarrent, il ne faut pas se décourager et on a besoin de jeunes, de nouvelles voix. C’est ça qui a changé, on prend moins le temps. J’ai fait des films où on prenait 15 jours pour le faire. Aujourd’hui, une demi-journée, une journée…

B. R. : C’est aussi la technique qui fait que ça va plus vite. Avant, y avait des bobines, on les changeait. Ça prenait 10 minutes. Maintenant, tout est informatisé. C’est plus les délais qui se raccourcissent parce qu’on tourne de plus en plus vite. Comme ce monde va de plus en vite, tout va de plus en plus vite.

Vous avez tous les 2 doublé dans « Nausicaä ». Quels souvenirs en gardez-vous ?

B. R. : Pour moi, ce film est assez effroyable, je m’en souviens et comme tous les grands films d’animation japonais, je les trouve extrêmement dérangeants. Parce qu’ils font appel à des choses souvent psychanalytiques qui raisonnent à l’intérieur de soi. Les Miyazaki (Hayao), c’est des films que j’adore, mais qui me dérange parce que ça va chercher loin. On avait du temps et on pouvait voir les boucles (une longueur de bande) plusieurs fois, les travailler. Parce que même si le Japonais n’a pas du tout les mêmes séquences vocales, les personnages ont l’expressionnisme des dessins des artistes qui les ont créés. Les animations comme ça, il faut être super sincère, mais en même temps, si on joue trop « cinéma », on n’est pas dedans. Mais si on en fait trop, on déborde. Donc, c’est très mince.

L. B. : Oui, Miyazaki j’avais aussi fait le « Voyage de Chihiro », j’étais sa maman. J’avais été impressionnée car on avait envoyé nos essais voix directement à Miyazaki, je crois. Et c’est lui qui avait choisi, si je ne m’abuse, nos voix en fait.

Pour terminer un petit défi si vous êtes d’accord. Boris, l’un de vos doublages culte reste le « Joker » et son rire. Laurence, « La Reine de Cœur » avec les coupages de têtes. Le défi est d’inverser vos phrasés. Laurence, vous feriez le rire et Boris, dire « Qu’on lui coupe la tête ! » avec chaque fois, les bonnes intonations.

B. R. : Alors fais ton « Joker » à toi, comme ton clown, fais un taré fou.

Et pour cette partie de l’interview, le mieux est de la visionner pour découvrir les bonnes intonations vocales.

Laurent Billeter : Merci beaucoup pour l’essai.

L. B. & B. R. : Merci à toi et à « Destination Tokyo » de nous avoir invités, on est très bien reçus et les Suisses sont très accueillants.

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