Gus Van Sant allie le meilleur comme le pire. Nous avons droit cette fois-ci à un biopic original qui retrace la vie d’un dessinateur de presse américain paraplégique. L’histoire est intéressante, mais on ne ressent pas de grosses émotions.


Réalisateur : Gus Van Sant

John Callahan est un dessinateur de presse américain excentrique. C’est son histoire mouvementée qui nous est racontée dans ce biopic. Né à Portland dans l’état de l’Oregon en 1951, cet homme à la chevelure rousse a connu une vie de débauche avant de devenir caricaturiste pour les plus grands quotidiens américains. Paraplégique suite à un accident de voiture et abandonné à sa naissance par une mère qu’il n’a jamais pu retrouver, le héros de cette histoire souffre en silence, en noyant son chagrin dans l’alcool.

Ivre mort du matin au soir, il se lamente sur son sort jusqu’au jour où lors d’une rencontre d’alcooliques anonymes, il fait la connaissance d’un certain Donnie qui va lui apprendre à combattre ses démons et lui permettre de remonter tranquillement la pente… Contrairement aux apparences, le thème principal de ce long-métrage n’est pas le handicap, mais l’alcoolisme. Les deux sujets sont abondements traités dans le film, mais l’objectif met plus en lumière les risques liés à l’accoutumance et à la surconsommation de produits alcoolisés et les conséquences de ses actes.

D’une durée approximative de deux heures, la dernière création du cinéaste Gus Van Sant est intéressante, mais un peu longue. Les faits principaux de la vie du héros, John Callahan nous sont racontés en détail. Les personnes qu’il a côtoyé, ses comportements irresponsables, son addiction à l’alcool, et la rééducation qui a suivi son terrible accident.

Très américain dans son style, le film de Gus Van Sant se veut narratif et trop positif au final. On aurait préféré une critique plus sévère et réaliste. Ce positivisme décrédibilise la production qui n’amène finalement rien au spectateur mis à part de nous faire partager le quotidien de cette célébrité.  Au casting, nous trouvons quelques têtes connues. La prestation de Joaquin Phoenix (John Callahan) est intéressante dans la mesure où il incarne parfaitement un être en fauteuil roulant alors que ce n’est pas son statut réel. À ses côtés nous avons Jonah Hill (Donnie) et Jack Black (Dexter). Le premier a une carrière impressionnante derrière lui. Parmi les 52 films dans lesquels, l’acteur de 34 ans a joué, nous avons « War Dogs », « Django Unchained » et « le Loup de Wall Street ». Très, à son avantage dans cette création, il interprète parfaitement le mentor de John. Jack Black se fait remarquer alors qu’il n’apparaît qu’en début et fin de projection dans un rôle secondaire, celui de copain de beuverie.

Fragmentées au départ puis beaucoup plus claires par la suite, les mémoires du « cartooniste » ont été présentées à la dernière Berlinale. Cette œuvre nous laisse un sentiment mitigé. Le personnage est peu connu sous nos latitudes, sa vie n’est pas passionnante, mais ses dessins présentés tout au long de la projection sont drôles et politiquement incorrects. Un petit bol d’air frais à une époque ou tout humour qui se veut limite se voit rapidement censuré.

Don’t worry, he won’t get far on foot
USA   –   2018   –   113 Min.   –   Biographical
Réalisateur: Gus Van Sant
Acteur: Joaquin Phoenix, Jonah Hill, Rooney Mara, Jack Black, Beth Ditto, Olivia Hamilton, Udo Kier, Kim Gordon, Carrie Brownstein, Emilio Rivera
Filmcoopi
04.04.2018 au cinéma

Don't worry, he won't get far on foot : Ivre mort !
2.5Note Finale