L’idée de départ est originale et les moyens technologiques utilisés sont conséquents, pourtant, on a de la peine accrocher au film. Les raisons sont diverses, le scénario part dans tous les sens, les personnages sont ennuyeux et la morale est imposante. Du beau gâchis…


Paul et sa femme n’en reviennent pas. Ils apprennent par les médias qu’il est possible de vivre une nouvelle vie grâce aux progrès de la médecine et de la technologie. Dans un Laboratoire norvégien, le professeur Jorgen Asbjorsnen a fait une découverte incroyable. Grâce à lui, des humains peuvent à présent mesurer, moins de douze centimètres. Des cobayes locaux ont accepté de «rétrécir» leur corps pour sauver la planète, en contrepartie d’excellents avantages sociaux. Les années passent et les volontaires sont de plus en plus nombreux à se porter candidat à travers le monde. Ces privilégiés sont transférés dans un village dénommé « Leisureland », une métropole sécurisée créé de toute pièce pour leurs nouveaux besoins. Ces cobayes endettés y voient une chance de refaire leur vie. Ils deviennent pour la plupart de nouveaux millionnaires. On leur propose de somptueuses villas et ils jouissent pleinement de leur nouvelle apparence sans aucun souci. Décidés à leur tour de franchir le pas, nos deux américains moyens se rendent sur place pour se faire « rapetisser » et bénéficier à leur tour des avantages promis…mais tout ne se passe pas comme prévu…

Cette histoire rocambolesque porte la signature du réalisateur Alexander Payne et de son collègue scénariste Jim Taylor. Très intéressante au départ, l’histoire perd tout son sens à partir du moment où le héros arrive dans le nouveau monde. Les premiers instants sont captivants. On y parle de la découverte scientifique et notre héros fait connaissance de son nouvel environnement.

Une fois cette période passée, le personnage principal commence à s’ennuyer et nous aussi par la même occasion. On lui trouve de nouveaux amis, sortis de nulle part ainsi que des nouveaux projets. Le scénario devient alors très moralisateur. On y parle d’immigration, d’écologie, de différences sociales, de responsabilité civile et humaine. Un programme, certes louable, mais qui embrouille passablement le spectateur peu préparé au changement de ton du film. L’histoire stagne alors dans ce «bien-fondé» pour finalement terminer sur une note des plus bizarre.

Alexander Payne (Papadopoulos) n’est pas un inconnu, diplômé d’histoire et de littérature espagnole à l’Université de Stanford, le petit-fils d’immigrants grecs réalise son premier long métrage «Citizen Ruth» en 1996, dont il est également le co-scénariste. Tournée à Omaha, sa ville natale, cette comédie satirique vaut à son actrice principale, Laura Dern, le prix d’interprétation au Festival de Montréal. Le réalisateur poursuit ensuite dans le même registre avec «LArriviste» (1999), une satire sur la réussite à l’américaine avec Matthew Broderick et Reese Witherspoon.

En 2001, Alexander Payne signe le scénario de «Jurassic Park de Joe Johnston, avant de se consacrer à l’écriture et à la réalisation de «Monsieur Schmidt» qui lui a valu le prix du meilleur scénario. Une récompense qu’il a obtenu à nouveau en 2005 (en plus de celle qui consacre la Meilleure comédie) avec «Sideways», son quatrième opus, qui retrace l’itinéraire mouvementé de deux amis sur la route des vins en Californie.

Au casting de Downsizing nous trouvons le plus que célèbre Matt Damon, l’acteur de 47 ans interprète Paul Safranek, un ergothérapeute mal dans sa peau qui représente à lui tout seul le rêve américain déchu. Propriétaire d’une petite maison qu’il n’arrive pas à rembourser, marié à une femme qui ne s’intéresse pas vraiment à lui, le rêveur se repose sur son unique qualité, sa gentillesse innée. Cet homme à besoin de faire du bien autour de lui, mais il ne sait pas s’y prendre dans le monde qui est le sien. Matt Damon est parfait dans la peau de ce personnage mystérieux. Il a en lui se côté mi-sympa, mi-sérieux qui lui donne une certaine crédibilité dans le film. Il ne surjoue jamais son personnage et c’est une bonne chose.

À ses côtés, nous trouvons deux rôles féminins. La première est Kristen Wiig qui joue son épouse. Elle est assez présente dans le film et pourtant on ne la remarque quasiment pas. L’autre femme présente dans ce long-métrage est la jeune Hong Chau, une actrice américaine méconnue qui interprète dans «Downsizing» l’un de ses premiers rôles principaux à l’écran. Nominée au festival de St-Louis, cette année, l’actrice se débrouille assez bien aux côtés de la star.

Le comique Jason Sudeikis est lui aussi de la partie, mais il ne tient pas un rôle prépondérant dans le film. C’est aussi le cas de Christophe Waltz qui représente Dusan, un mafieux serbe aussi sympathique qu’ambigu. L’homme est marrant, mais son personnage n’est pas assez exploité.

«Downsizing» n’est pas un mauvais film, mais il se perd un peu en route. Les choix moralisateurs du cinéaste font passer le côté science-fiction du film au second plan. Trop prévisible, peu dynamique et exploitant mal le bon filon, cette réalisation est beaucoup trop longue (elle dure plus de 2 heures). Le tout est rythmé par des mélodies monotones et répétitives au piano, des sons peu motivants qui discréditent encore plus un métrage, déjà bien décevant.

Dommage que l’on ne puisse pas le «raccourcir» lui aussi…

Downsizing
USA   –   2017   –   Comedy
Réalisateur: Alexander Payne
Acteur: Alec Baldwin, Matt Damon, Neil Partick Harris, Jason Sudeikis, Christopher Walz, Kristen Wiig
Universal Pictures
10.01.2018 au cinéma

«Downsizing» : Petit film aux grands moyens !
3.0Note Finale

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