Steel Frontier de Joe Lara

Steel Frontier de Joe Lara –

Dur de résister au regard bleu azur de Joe Lara qui, tenant en main un pistolet aussi futuriste qu’absent dans le film, semble menacer de mille morts le chaland qui s’aviserait de sortir du magasin sans son chef-d’œuvre dûment payé !

MARKETING DE PRO
Outre la présence tapageuse à l’écran du cataclysmique Joe Lara (improbable fusion nanarde entre Nicolas Cage et Lorenzo Lamas), le casting propose différentes gueules bien connues des séries B : Bo Svenson, Kane Hodder (Jason dans les « Vendredi 13 ») ou encore Brion James, l’une des plus célèbres tronches de méchant du cinéma (« Blade Runner » notamment). Et, comme souvent sur une jaquette, les distributeurs ont eu la bonne idée d’exhumer quelques titres plus ou moins prestigieux du CV de leurs acteurs principaux (quand bien même étaient-ils alors le quarante-troisième figurant au fond à droite), afin de les accoler à leur nom et ainsi escroquer le chaland qui se dira « Ah oui, hé, y’a un type qu’a joué dans « Blade Runner » ! Quand même ! ». Un artifice qui peut fonctionner… mais pas avec Joe Lara ! En dessous de son nom, on nous cite deux autres perles de sa filmo : « Hologram Man » et « American Cyborg », deux nanars d’anthologie !

Le grand soin apporté à la promotion de ce chef d’œuvre continue avec le résumé du film au dos du DVD, que je vous livre tel quel, sans avoir modifié quoique ce soit, ni dans la typo, ni dans les formulations :

« Dans un futur sans foi ni loi [ni correcteur d’orthographe manifestement] : Après que la civilisation se soit effondrée, la terre ne ressemble plus qu’à un vaste champ de bataille. En dépit du règne de la violence, une poignée de survivants fondent « NEWQHOPE », la ville de tous les espoirs. Une citée de pâix qui est menacée par le général QUANTRELL et son armée de tueurs. personne n’est en mesure de lutter … sauf YUMA qui attauqe l’ennemi de l’intérieur, en gagnat la confiance du vénéreux QUANTRELL pour mieux débarasser la planète de sa présence !

Une heure trente d’action non stop mélant le look de MAD MAX 2, la férocité de ses empoignades, à des duels tout droits sortis de SERGIO LEONE. Un cocktail à la dynamite renforcé par les performances de JOE LARA (ATOMIC CYBORG, HOLOGRAM MAN) et BION JAMES (BLADE RUNNER). »

Ça envoie carrément du rêve non ?

Steel Frontier de Joe Lara

Steel Frontier de Joe Lara

POST APO
Au niveau scénario, du classique : après une apocalypse nucléaire, quelques survivants tentent de recréer une civilisation. Réfugiés au sein de Newhope (ah, je me disais aussi que Newqhope, ça veut rien dire), ils vivent de la raffinerie d’essence artisanale qu’ils ont retapée. Pour dire à quel point ils sont à nouveau civilisés, les Newhopiens n’ont rien de moins qu’un pasteur et un shérif texan. Avec ça, la civilisation peut repartir sur des bases saines !

Mais manifestement, à Newhope, personne ne connaît « Mad Max 2 ». Sinon, ils sauraient que les raffineries d’essence attirent les méchants punks à moto comme la VHS moisie les nanardeurs aux abois. Le « vénéreux » Général Quantrell et ses Cavaliers de la mort annexent la ville pour s’emparer du précieux pétrole.

La résistance contre l’oppresseur nanar se prépare, résistance qui a évidemment besoin d’un leader, d’un chef, d’un héros… Et justement, en parlant de lui, qu’est-ce qu’il branle Joe Lara, alias Johnny Yuma, pendant ce temps-là ? Ben il arpente les plaines, achevant un blessé qui l’implore ici, tuant des cannibales là, jouant de l’harmonica partout (Sergio Leone on nous a dit…). Le monde étant petit, Yuma rencontre quelques Cavaliers de la Mort agressifs au coin d’une route et va leur donner une bonne leçon avec sa super moto qui tire des rafales d’éclairs de gouache et des bombinettes à fumée. C’est l’escalade : notre héros décide de faire le ménage à Newhope, le « vénéreux » (je m’en lasse pas) Quantrell débarque à la tête de son innombrable horde de 15 personnes pour mettre de l’ordre, et tout se finit par une poursuite surréaliste entre Quantrell dans un bus scolaire et le fourgon UPS de Yuma. Enfin on a le traditionnel duel final, puis le départ du héros solitaire vers le soleil couchant, sans même un regard pour la blonde énamourée, tant il est vrai qu’on peut être un héros, et rester un gros mufle !

 www.nanarland.com

[Benjamin d’Alguerre]

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