L’histoire d’un homme traumatisé par la mort brutale de sa mère quand il était enfant, qui tente depuis de se reconstruire comme il peut, sans jamais y arriver totalement.


Cette histoire commence en 1969, un jeune garçon de neuf ans vit à Turin avec ses parents. Il adore sa mère avec qui il partage tout. Malheureusement, celle-ci est retrouvée morte un matin. Ayant peur de blesser le petit, son entourage lui annonce la chose avec diplomatie. Pour éviter de déprimer ou de sombrer dans la folie, Massimo, en grandissant, s’invente un protecteur qu’il a découvert à la télévision, cet homme masqué (Belphégor) est censé le protéger des dangers de la vie.

Son père s’occupe de lui et essaye difficilement de lui faire oublier cette subite disparition qu’il n’arrive pas à accepter. Pour lui changer les idées il l’emmène régulièrement voir les matchs du FC Torino, le grand club du quartier. Passionné de football, le jeune garçon devint en grandissant un célèbre rédacteur sportif puis un journaliste apprécié du grand quotidien « La Stampa ». Il a beau essayer d’oublier son passé difficile, rien n’y fait. La mort de sa mère le hante toujours…

Parfois angoissant mais aussi émouvant le nouveau film de Marco Bellocchio ne laisse pas le spectateur indifférent. Le sujet principal est le deuil, mais d’autres thèmes intéressants sont abordés dans le film (l’amour, la carrière et la vie à l’italienne).

L’appartement est un lieu important. On peut le considérer même, comme un personnage à part entière car il semble disposer d’une âme. Cet endroit a été le témoin des tristesses et des joies des protagonistes du film durant les trente-cinq dernières années. Il arrive à créer aussi une atmosphère pesante par moments et l’on comprend tout à fait pourquoi Massimo désire s’en séparer malgré ses souvenirs.

Les acteurs de ce long-métrage sont tous italiens ou français. Les Transalpins sont plus convaincants que leurs homologues francophones. Mais l’on sait à quel point la culture française est appréciée en Italie. Le public pardonnera donc facilement cette légère différence de prestation.

Ce film est adapté d’un roman autobiographique de Massimo Gramellini. Best-seller en Italie, ce livre est aussi sorti en français en 2013. Si le réalisateur est resté fidèle à l’histoire d’origine concernant l’enfance et l’adolescence de Massimo, il s’est permis plus de libertés pour décrire sa vie d’adulte. Présentée hors Compétition en Ouverture de la Quinzaine des réalisateurs 2016 du Festival de Cannes, cette production a été très bien accueillie sur la Croisette ainsi qu’ailleurs. Six nominations au total, toutes amplement méritées.

Fais de beaux rêves

Fais de beaux rêves
(Fai Bei Sogni)
De Marco Bellocchio
Avec Valerio Mastandrea, Bérénice Bejo, Guido Caprino, Nicolò Cabras
Filmcoopi
Sortie le 14/12

"Fais de beaux rêves" : biographie d'un journaliste orphelin
3.5Note Finale

A propos de l'auteur

Le cinéma est un lieu merveilleux, on y trouve de tout: des comédies (mon genre préféré), des films d'auteurs (que j'apprécie pour leur diversité), des documentaires plus ou moins passionnants, des blockbusters et d'autres types de films. Fan du cinéma français et des pays latins, j'en ai fait ma spécialité. Rédacteur depuis de nombreuses années, j'aime partager mes connaissances et découvertes. «Le cinéma est fait pour tous ceux dont la curiosité est le plus grand défaut» Claude Lelouch

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