De retour pour une troisième saison tout aussi étonnante que les deux précédentes, le créateur et principal scénariste Noah Hawley nous emmène encore une fois dans le froid du Minnesota pour nous montrer que les petites villes peuvent aussi abriter des grands criminels. Pas aussi exceptionnelle que la première saison, la saison 3 conserve toutefois la qualité visuelle et scénaristique qui rend cette série unique.

Fargo est une série très étonnante inspirée du film éponyme des frères Coen de 1996. Commencée en 2014, elle est ce qu’on appelle une série d’anthologie : les saisons ne sont pas (ou alors très peu) connectées les unes aux autres et chacune contient un récit qui débute avec le premier épisode et qui se termine avec le dernier, un peu comme s’il s’agissait d’un très long film en quelque sorte. Le point commun entre les trois saisons, c’est que, tout comme dans le film, l’on suit parallèlement des personnes plus ou moins mal intentionnées qui ne font que de se débattre dans des embrouilles de plus en plus absorbantes, à l’image des sables mouvants, et un ou une policière qui refuse d’abandonner l’enquête. Ajoutez de l’humour (très) noir, de la neige, des personnages remarquables et vous obtenez Fargo.
En l’occurrence, l’on suit les frères Stussy, tous les deux joués par Ewan McGregor (Trainspotting, Big Fish, Moulin Rouge !, Star Wars Episodes I, II et III). Emmit a tout ce dont un homme peut rêver pour être heureux : il est marié depuis près de vingt ans, a une vie de famille heureuse et sa société est plus que prospère. Ray, au contraire, n’a aucune fortune et nourrit une rancœur depuis toujours envers son ainé. En couple avec Nikki (jouée par Mary Elizabeth Winstead, connue entre autres pour 10 Cloverfield Lane), les deux amoureux rêvent d’un nouveau départ et cherchent à récupérer un timbre inestimable qu’Emmit garde chez lui. Sans spoiler la suite de l’intrigue, je vous laisse deviner que rien ne se passe comme prévu. Pour bien embrumer les choses, Emmit conclut un accord avec le mystérieux V.M. Varga, brillamment interprété par David Thewlis (Wonder Woman, la saga Harry Potter), qui ne va pas tarder à vouloir mettre la main sur son entreprise en employant des moyens très discutables. De l’autre côté, c’est la très intelligente officière de police Gloria Burgle (incarnée par Carrie Coon, peu connue pour l’instant, mais dont la performance annonce une carrière très prometteuse) qui va chercher à démêler ce sac de nœuds qui n’est peut-être pas si incohérent que cela.
Les amateurs des films des frères Coen (qui endossent le rôle des producteurs pour les trois saisons) seront tout particulièrement friands de quelques allusions à leur univers et à une ambiance générale qui ne peut que rappeler, évidemment, le long-métrage Fargo, mais aussi The Big Lebowski de par de nombreux quiproquos. Sous des intrigues prenantes et des visuels très particuliers, les films des frères Coen et la série Fargo, qui rend réellement hommage au travail des deux hommes, recèlent des messages plus profonds qu’ils n’y paraissent. Avec quelques subtiles allusions à l’absurde de Camus, il est possible que vous restiez méditatifs après avoir visionné cette saison (ainsi que la série dans son ensemble). Au final, c’est un peu le genre de série que les gens adorent ou détestent ; certains l’adorent pour ses intrigues très intelligentes et son côté décalé, d’autres n’apprécient pas du tout sa lenteur et ses quelques excentricités. Quoiqu’il en soit, même si cette saison 3 n’atteint pas le génie de la saison 1, elle reste unique et nous montre encore une fois que les séries actuelles n’ont rien à envier au cinéma au niveau de la qualité. Les amateurs de beaux DVDs seront comblés par ce coffret qui renferme de nombreux bonus et une interface qui vous plonge comme par magie dans l’univers de la série.

 

Fargo, saison 3 : Abel, Caïn et le loup
4.0Note Finale

A propos de l'auteur

Passionnée par l’écriture et le cinéma depuis longtemps, Moïra Farwagi a trouvé au sein de Daily Movies un merveilleux moyen de communiquer ses passions. Des films cultes aux films un peu moins cultes et franchement risibles des années 80, en passant par les comédies, les films de super-héros, les films qui font pleurer et encore un tas d’autres choses, le genre préféré de Moïra peut se résumer par « ce qu’elle aime ».

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