Qui l’eut cru ? La franchise « Fast and Furious » devient définitivement une référence en matière d’action en jouant la carte de l’excès tout en respectant son public.


En 2001, personne n’aurait pu prévoir qu’un petit film comme « Fast & Furious », réalisé par ce Yes Man de Rob Cohen, allait devenir la base d’une des franchises les plus juteuses de l’histoire du cinéma. Pour un budget de 38 millions de dollars, le premier opus casse la baraque et rapporte 207 millions de dollars à travers le monde. Vin Diesel, Paul Walker, Michelle Rodriguez et Jordana Brewster deviennent immédiatement starifiés. Pourtant, la critique ne suit pas, et force est de constater que le film peine sur de nombreux points à convaincre (jeu d’acteur médiocre, écriture paresseuse…). Universal flaire le bon filon et décide d’exploiter la recette sur plus de 15 ans. Après deux épisodes médiocres (dont un troisième opus déserté par tous les acteurs du premier), c’est grâce à Justin Lin et Vin Diesel que la saga reprend du poil de la bête à partir du quatrième film, ouvrant un arc narratif qui se poursuivra jusque dans ce « Furious 7 ». Le cœur de cet arc : la famille de cœur formée par Dominic Torreto (Vin Diesel) et ses pilotes. C’est d’une naïveté confondante (dans les quatre films, ils seront tous prêts à tous les sacrifices au nom de la famille), mais le public suit et le succès va crescendo jusqu’à atteindre les 700 millions de dollars dans le monde avec le sixième !

Fast and Furious 7

Fast and Furious 7

C’est pourtant grâce à cette sacro-sainte « famille » qui réunit les personnages du film que l’histoire de « Furious 7 » trouve un écho très émouvant dans la réalité. Décédé en plein tournage, Paul Walker ne sera plus jamais de la partie, ce qui bouleversera profondément les bases de la saga. Si celle-ci perdure (mais comme le succès du septième film s’annonce fracassant, aucun doute là-dessus), la famille sera à jamais incomplète. On craignait l’hommage pathos et larmoyant dans le film, c’est sur un dernier plan bouleversant aux accents méta que James Wan nous laissera.

Pour en revenir au film, c’est bien grâce au talent du réalisateur que la qualité de l’ensemble décolle, et ce dès la première scène. On remontait déjà bien la pente qualitativement parlant dans les deux épisodes précédents, mais on est ici à un tout autre niveau, et James Wan nous livre un véritable film de vengeance où chaque scène d’action déborde d’idées de mise en scène. Il faut malgré tout passer outre l’ambiance hip-hop beauf qui plane sur la saga.

Fast and Furious 7

Fast and Furious 7

Ici la vraisemblance n’a pas sa place, ce qui était déjà le cas par le passé. Mais James Wan semble penser le film comme un gigantesque défouloir, et oser une séquence comme celle d’Abu Dhabi était clairement un pari osé. Pourtant, on en ressort estomaqué, tant tout est solide niveau réalisation. Même le jeu des acteurs semble s’être amélioré, ce qui n’était pas une mince affaire tant Vin Diesel et Paul Walker ne débordent pas de charisme. Chaque personnage a sa propre Némésis (Vin Diesel / Jason Statham, Paul Walker / Tony Jaa), ce qui provoque une véritable montée crescendo dans les différentes séquences. Sans trop en dévoiler, les scènes de l’avion, celle d’Abu Dhabi et la poursuite finale de Los Angeles sont dans ce que nous avons vu de plus impressionnant dans un film d’action depuis bien longtemps. On en ressort lessivés, et émus par une séquence finale extrêmement bien pensée dans le dénouement de relations entre les personnages.

James Wan semble avoir payé son dû au cinéma indépendant et se lâche complètement sur son premier blockbuster en nous livrant un film fou, insensé, défiant les lois de l’attraction et nous rassure après une décennie d’ « Expendables » et autres « Machete » cyniques et racoleurs. Le cinéma d’action en avait bien besoin, et c’est avec un certain enthousiasme que nous guetterons l’épisode huit !

Fast and Furious 7

Fast and Furious 7
De James Wan
Avec Vin Diesel, Paul Walker, Jason Statham, Kurt Russell
Sortie le 01/04
Universal