Cette année, le festival Panafricain du cinéma d’Ouagadougou proposait pour son 25ème anniversaire, 20 longs-métrages, 26 cours métrages et 21 films documentaires en compétition.


Afin de pouvoir vivre au mieux le festival, équipez-vous de 4 choses essentielles, de l’eau, un châle, voir un veston (les salles étant climatisées, vous pourrez avoir l’impression d’être au Pôle Nord le temps d’un film), d’un chapeau ( température entre 26° et 42°) et surtout de la patience. Cette dernière étant essentiel, car, ne vous attendez pas à avoir facilement votre badge sans devoir faire la queue et apprendre par la suite que vous n’êtes pas dans la bonne, ou que le badge n’est pas encore prêt ou encore obtenir aisément les horaires et les résumés des films. Surtout ne comptez pas sur la possibilité d’aller trouver les informations sur le site du festival, car même si certaines y sont, il faut déjà trouver une bonne connexion pour télécharger les documents.

Outre toutes ces tracasseries, c’est un festival ou tous les métiers du cinéma sont accessibles, du machiniste au réalisateur et où les spectateurs dans la salle y vont de leurs commentaires… créant une ambiance durant la séance… oubliant souvent d’éteindre leurs portables. C’est l’unique festival où je me suis rendue, où il est tout à fait possible que le monteur du film tout juste visionné, vous propose après quelques mots échangés, de vous déposer pour assister au prochain film.

Un des temps forts du festival est son ouverture, offerte à tous dans un grand stade de la ville. Au menu, présentation du jury présider cette année pour les longs-métrages par le scénariste marocain, Nour-Eddine Saïl. Entres les discours des artistes se succèdent, Smokey rappeur burkinabé et pour terminer en beauté le très attendu Alpha Blondy. L’artiste Ivoirien a chanté quelques nouvelles chansons qui n’a pas retenu l’attention de la foule. C’est lorsqu’il a chanté un répertoire de ses chansons les plus connues, que la foule a envahi le centre du stade, chantant à tue-tête. Durant son concert, Alpha Blondy s’est exprimé, notamment en déclament haut et fort  » tuer les journalistes, c’est tuer la démocratie ».

C’est à présent parti pour 8 jours de cinéma et pour essayer de tout voir, du moins les longs et cours métrages en compétition, il faut arriver aux projections à 8h00 et terminer vers 22h30, voir 1h00 du matin. Entre les films, c’est le moment pour les échanges avec les professionnels du cinéma, la presse, les cinéphiles et les spectateurs. Ces moments sont très riches et les burkinabés toujours prêt à rendre service.

Revenons à l’origine de cet article, le cinéma !
Pas de langue de bois, certains films retenus, n’ont tout simplement par leur place dans la compétition… et je me pose des questions sur les critères de sélection pour lesquels ils ont été choisis. Il est clair que tous ces films n’ont pas eu la chance d’avoir le même budget, certains ont bénéficié de plus ou moins de gros budgets, mais tout n’est pas affaire de sous quand on parle de qualité et d’habilité pour traiter d’un sujet.

Incompréhension aussi, lorsque deux très bons films projetés ne sont pas en compétition, soit le film « Medan Vi Lever » de Dani KOUYATE (Burkina Faso) se déroulant en Suède et en Gambie, sur le thème des racines humaines et « Wallay » de Berni GOLDBLAT (Burkina Faso), l’histoire d’un jeune garçon en mal de repère découvrant le Burkina Faso, son deuxième pays.

Ces incompréhensions passées, j’avoue avoir été très heureuse des choix des lauréats, outre que le film malien « Wulu » de Daouda COULIBALY est été mis de côté, bien qu’il ait reçu un prix spécial (prix Sembene Ousmane) et que la remarquable prestation de son comédien principal, Ibrahim Koma, soit récompensée par le prix de la meilleure interprétation masculine. Ce film sur le trafic de drogue de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest est un thriller palpitant qui tient en haleine du début à la fin.

Le prix du meilleur court métrage est revenu à Violaine Maryam Blanche BELLET (Maroc) pour son œuvre subtile et sensible, « Hyménée ». Nuit de noces en demi-teinte pour deux jeunes gens qui ne se connaissent visiblement pas. La réalisatrice a su mettre en scène un scénario avec très peu de dialogues ou les regards et les gestes habillement filmés lui suffisent. Pour la plus haute distinction, l’Étalon d’Or de Yennenga, c’est « Félicité » d’Alain Gomis qui l’emporte pour ce film qui rend hommage à une femme forte. L’argent a récompensé le film « Orage Africain », un continent sous influence de Sylvestre AMOUSSOU (Bénin). Le scénario propose l’histoire d’un pays d’Afrique imaginaire, dont le président décide de nationaliser toutes les entreprises de son pays pour que cesse l’influence des pays occidentaux. Enfin « A mile in my shoes » de Saïd KHALLAF (Maroc) reçoit le bronze. Flash back d’un homme qui a eu la vie dure depuis son enfance…  violence familiale, vie dans la rue, violences sexuelles, prison, etc.

Cher Fespaco, toi qui es à la fois si éprouvant, avec de belles surprises cinématographiques et riche en rencontres, je te dis à,  dans deux ans.

Fespaco 2017
Ouagadougou
Du 25/02 au 04/03
www.fespaco.bf
Un grand merci à Royal air Maroc pour son soutien