Dreamaway, c’est le récit d’une machine bien huilée, le tourisme en Egypte, qui du jour au lendemain continue à tourner, mais sans touristes, suite aux attentats.


Long cri d’un avion de ligne qui traverse d’une traite le ciel et qui ne posera, comme chaque jour, personne sur le sol égyptien.

Les employés se réveillent tout de même, au bruit d’un espoir lointain, celui que l’Europe daigne tremper à nouveau ses pieds dans les piscines de leur club de vacances.

Les animateurs remuent leur maillot de bain, sur les bords des bassins, pour des foules d’eau chlorée.

Un DJ monte ses potards. Personne ne remue le derrière à part les lumières de la piste de danse et un balayeur.

Massage privé pour un mannequin, mais de plastique.

Dreamaway est à première vue un film à images, plus absurdes les unes que les autres. Des images abandonnées des européens, des clichés de vacances, vides. Mais c’est aussi le récit d’une réalité, celle des salariés de Charm-El-Cheikh, dont les destins ont changé depuis les attentats qui ont frappé des touristes dans ce lieu de vacances égyptien.

Mêlant réalité et fiction, le réalisateur a choisi de réengager certains employés afin qu’ils jouent leur propre rôle. Dans ce film. Ils marchent dans leur rêve désormais vide, désormais dégorgé du liquide (du cash) européen.
Ils marchent après les volontés du réalisateur,
Ils marchent après l’ombre de ce qu’ils étaient.

Charm-El-Cheikh n’est plus l’attraction qui faisait poser les avions de ligne du monde entier sur ses pistes de danse. Sa gueule exotique de T-Rex est devenue du jour au lendemain préhistoire.

Pourtant, ses employés regardent encore et toujours le ciel et espèrent.

Dreamaway
De Marouan Omara, Johanna Domke
Documentaire – EGY, DEU – 2018 – 86min

[FIFF 2019] Dreamaway, l’Egypte post-attentats
3.5Note Finale