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jeudi, avril 18, 2024
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Fred Astaire et l’excellente surprise de la Corée du Sud aux « Rencontres 2024 » à Lausanne

De Broadway aux claquettes en Corée...

Laurent Billeter
Laurent Billeter
Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

Pendant la 7e édition des « Rencontres du 7e Art », du 7 au 17 mars 2024, j’eus le plaisir de revoir un classique plaisant et dynamique sur grand écran. Mais c’est surtout l’étonnant, touchant, amusant et efficace film sud-coréen qui me marqua et demeure être mon coup de cœur.


Toujours présenté avec un court-métrage lié à la danse et aux chants, je commençai donc mes (re) découvertes par l’intermédiaire de l’inoubliable comédienne et chanteuse Joséphine Baker. Enjouée et énergique, sa nudité et ses grimaces mélangées, lui assurent plus d’1 siècle après, une performance féministe réussie, affirmée et audacieuse.

« Tous en scène ! » : Tony Hunter est une ancienne célébrité plutôt oubliée au niveau des médias et du public qui se focalisent davantage sur entre autres, Ava Gardner. Néanmoins, ses vieux amis Lily et Les Marton sont ravis de revoir Tony car ils souhaitent lui changer ses idées noires en lui proposant un nouveau spectacle à Broadway. D’abord enchanté, l’effet inverse s’en fera vite ressentir à l’arrivée du producteur trop intrusif Jeffrey Cordova et de la danseuse étoile en vogue Gabrielle Gerard. Surtout que le spectacle dès sa Première, n’a absolument pas le succès espéré. La seule solution serait de le revoir dans sa totalité et cela pourrait être un pari encore plus fou…

Sans aucun rapport avec les 2 animés aux titres homonymes en français des studios « Universal », « The Band Wagon » en version originale, ne fut pas l’énorme succès espéré par Fred Astaire, habitué aux comédies musicales, au moment de sa sortie dans les salles obscures à l’époque.

En effet, un peu trop proche des précédentes histoires des longs-métrages du comédien précité à l’exemple de « La Mélodie du bonheur » en 1946 et en sus de ses remises en question, son retour sur grand écran était plutôt mal parti.

Néanmoins, « Tous en scène ! » obtint sa réputation de bonne comédie musicale par la suite, par le biais de la télévision notamment. Ce, grâce à l’acteur précité, mais aussi à ses collègues tout autant bons dans leurs jeux de chants, danses et dialogues.

A commencer par Cyd Charisse (« Chantons sous la pluie ») qui interpréta « Gabrielle Gerard » avec fougue, efficacité et la dynamique parfaite pour de tels pas de danses. Au travers du scénario et de ses dialogues, elle s’amusa également à titiller « Tony », donc Fred Astaire, quant à ses (vraies) interrogations par rapport à sa taille, à sa célébrité en déclin et sa retraite annoncée un peu trop vite.

Dans les autres rôles notables, en plus des somptueux costumes et décors impressionnants même si habituels pour de telles fictions durant cette période, ce fut celui de Jack Buchanan, alias « Jeffrey Cordova » qui ne s’oublie pas. Grâce à sa folie au niveau de son caractère et sa mégalomanie.

Abordant certains sujets toujours sympathiques à (re) voir dans le cadre des comédies musicales, « Tous en scène ! » se regarde en famille ou entre ami-e-s et s’apprécie pour sa folie des grandeurs, ses chansons entraînantes et son binôme en tête d’affiche.

« Swing Kids » : En 1951 pendant la guerre de Corée et plus précisément sur l’île de Geoje, Ro Ki-soo, un soldat Nord-Coréen au tempérament agressif, découvre le capitalisme par le biais de… La danse, du jazz et des claquettes. Il est en fait enrôlé plutôt officieusement par le noir-Américain Jackson qui, ancienne vedette de Broadway, a l’obligation de par son Commandant, de mettre en place une compagnie de danse pour la nuit de Noël. Entourés de Kang Buyng-sam, Xia Fang et Yang Pan-rae, les novices se démèneront afin de rendre un magnifique spectacle… Jusqu’au point de non-retour ?

« Swing Kids » ou « Seuwingkijeu » en version sud-coréenne, s’avère être d’une part, un long-métrage inédit dans les salles suisses et au sein de la plupart des cinémas européens. D’autre part et bien que présent dans la catégorie « Rétrospective Let’s Dance » des « Rencontres 7e Art », cette production se démarque de la programmation de par son authenticité et audace.

Remportant plusieurs prix au sein de prestigieux festivals en Asie, comme le « Blue Dragon Film Award », « Swing Kids » contient une histoire touchante, surprenante et horrible à la fois. De nombreux hommages aux grands longs-métrages de la danse avec claquettes sont aussi inclus.

Réalisé par Kang Hyeong-cheol (« Sunny ») en 2018, son intérêt pour les différents sujets abordés demeure minutieusement préparé et filmé. En outre, cette guerre également meurtrière, n’est que trop rarement abordée en Europe ou aux États-Unis.

Au niveau de la distribution, même pour la partie américaine, aucune tête d’affiche n’apparaît au sein de cette grosse production qui captive rapidement. Cependant, tous les rôles et dialogues restent extrêmement bien interprétés et joués.

Les rebondissements sont nombreux, drôles, bouleversants ou effroyables selon les séquences, mais toujours intéressants, historiquement aussi. Même s’il ne s’agit pas d’un événement véritablement arrivé, les spectateurs-trices voyagent directement dans le passé et finalement, de retour au présent où le sentiment de reconnaissance est formidablement interprété.

« Swing Kids » s’avère donc être mon coup de cœur 2024 par rapport à la programmation du festival. Intelligemment écrite et filmée, cette réalisation ne s’adresse toutefois pas aux enfants ou aux âmes sensibles. Mais elle plaira à de nombreuses personnes pour les raisons évoquées et par rapport à d’autres encore.

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