Pour beaucoup de gens, ladite organisation non-lucrative suit son chemin en respectant le droit humain depuis sa création. Il en va de même avec cette comédie improbable amenant un duo très surprenant, une thématique familiale originale et une fin inimaginable…


Pour Monique, et même si elle a cette responsabilité officiellement, toute son équipe est responsable de la communauté Emmaüs à Pau. Certes, elle mène une vie parfois difficile, celle-ci lui plaît et elle se sent chez elle. Ici, les gens sont solidaires et peu de problèmes surviennent dans la structure. Jusqu’à ce que son frère Jacques débarque à l’improviste et bouleverse ce petit monde. À tel point que leurs idées, souvent radicalement opposées, les conduiront à d’innombrables disputes. Et lorsqu’un des deux décide de partir pour mener à bien un projet, l’autre n’a pas le choix de le suivre, quitte à changer profondément de comportement.

Depuis le titre mémorable et mondialement connu de James Brown, impossible de ne pas penser à « I Feel Good » sans chanter une partie des paroles. Peut-être que les cinéastes Benoît Delépine (« Louise Michel ») et Gustave Kervern (« Cigarettes et chocolat chaud ») ont voulu faire une parallèle en rendant hommage au morceau musical. Toujours est-il que le sentiment prépondérant à leur film reste effectivement celui du bien-être. Même si celui-ci se ressent principalement à la fin de l’histoire, après de tumultueuses interactions entre les principaux protagonistes.

L’idée de tourner principalement à un centre communautaire d’ « Emmaüs » est tout simplement brillante. Les atmosphères (re) créées sur place amènent énormément de charme et une belle plus-value au film des « grolandiens », donc les réalisateurs amis depuis très longtemps. Car d’une part, la fiction permet de comprendre un peu mieux le fonctionnement de la structure et son environnement. Mais surtout, une partie du public aura l’impression de se replonger à la fin des années 90. Pour rappel à l’époque, le groupe « Canal + » avait commencé à diffuser une émission drôle et pleine de rebondissements nommée « Groland ». Dans ce pays fictif, vivent les « Grolandais » qui vivent étrangement. En son temps, les téléspectateurs-trices suivirent assez rapidement le programme à tel point que presque 30 ans après, il existe toujours sur la même chaîne télévisée. Par la suite, les 2 compères optèrent pour la voie du 7ème Art en qualité de comédiens, réalisateurs et bien plus encore.

Avec « I Feel Good », non seulement, ils suivent leurs principes de base, mais ils ont également su s’entourer d’un bon casting principal avec Yolande Moreau (« Une Vie ») et Jean Dujardin (« Le Retour du héros »). Plusieurs comédiens-iennes débutant-e-s sont à leurs côtés dans ce long-métrage et la plupart sont des membres de la communauté d’ « Emmaüs » à Pau. Une autre très bonne initiative permettant ainsi à l’équipe technique de plus rapidement s’habituer et s’imprégner des lieux.

Récompensé à Angoulême en 2018, « I Feel Good » mérite ce prix et il est à espérer que le public soit au rendez-vous afin de découvrir la fantaisie du long-métrage. Car dès le départ, l’absurdité surgit dans l’intrigue puisqu’un homme déterminé drapé d’un peignoir longe une autoroute dans un but mystérieux. D’autres lieux du tournage demeurent surprenants parce que la production n’a pas hésité à tourner au sein d’un endroit très inattendu…

Bien que l’œuvre cinématographique soit divertissante, remplie de la folie « grolandaise » et loufoque, les spectateur-strices appréciant le genre des réalisateurs comprendront mieux le sens d’ « I Feel Good ». L’intrigue s’adresse donc à un public plutôt connaisseur, curieux d’en savoir plus et surtout, désireux de voir des comédies différentes.

I feel good
FR   –   2017   –   Comedy
Réalisateur: Benoît Delépine, Gustave Kervern
Avec Jean Dujardin, Yolande Moreau, Jean-Benoît Ugeux…
Praesens Film
26.09.2018 au cinéma

I Feel Good : quand la chirurgie plastique se mélange à « Emmaüs »
4.0Note Finale

A propos de l'auteur

Le 7ème Art, pour moi c'est tout une histoire, Plus qu'une passion, qu'une grande occupation, D'Hollywood à Bollywood, De Michael Bay à Jean Marais, Je me complais dans ce milieu fabuleux.

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