Le quartier résidentiel de Suburbicon n’est pas aussi paisible qu’il en a l’air. Dans son dernier long-métrage, Georges Clooney critique sans retenue ses compatriotes et il se moque ouvertement du «rêve américain».

«Suburbicon» est un grand projet immobilier. Fondé en 1947, ce quartier résidentiel américain offre aux nouveaux locataires tout ce dont ils ont besoin. Il y a une école, un poste de police, une caserne de pompiers, un centre commercial et même une église. Ce lieu prospère n’a rien a envier aux villes situées aux alentours.

C’est dans cette paisible bourgade que se sont installées deux familles particulières. Les Meyers sont des personnes de couleur. Leur intégration est difficile car les habitants de «Suburbicon» sont pour la plupart, racistes. Toutes les occasions sont bonnes pour les décourager de rester dans la communauté.

La famille Lodge présente elle aussi un problème pour les résidents. Nicolas (Niki), un jeune garçon a vu sa mère se faire assassiner, sans raison apparente, par des cambrioleurs. La nouvelle a choqué tout le voisinage et les habitants de «Suburbicon» commencent se barricader et se méfient les uns des autres.

Si «Bienvenue à Suburbicon» est une comédie noire, le film s’appuie sur des faits réels lorsqu’il s’agit d’évoquer la ségrégation raciale de l’époque. En se renseignant sur le sujet, George Clooney a découvert que les habitants du lieu ne se gênaient pas de brandir des drapeaux confédérés et brûler des croix. Ils ont aussi rédigé une pétition pour faire expulser la famille Meyers.

Le réalisateur a choisi d’intégrer à son oeuvre des images d’archives tirées du documentaire «Crisis in Levittown», afin de montrer la réalité des choses et le racisme décomplexé dans lequel baignait toute Amérique de cette époque, dans les états du Sud mais aussi au Nord.

Le film se situe juste après la Seconde Guerre mondiale, 15 ans après l’instauration du G.I. Bill, une loi américaine fournissant aux soldats mobilisés durant le conflit le financement de leurs études. Elle leur facilitait aussi l’accès à un logement grâce à différents types de prêts. Par ce système, les anciens soldats issus des minorités avaient accès aux banlieues, autrefois réservées aux personnes aisées et blanches.

«Bienvenue à Suburbicon» est le premier long-métrage de George Clooney en tant que simple réalisateur. Après avoir tourné à quatre reprises sous la direction des frères Coen dans (O’Brother, Inolérable Cruauté, Burn After Reading et Avé César), le cinéaste américain adapte à l’écran un de leurs scénarios qu’il avait reçu en 1999. Il s’agissait d’un thriller humoristique incisif aux thèmes proches de «Fargo» et de «Burn after Reading». Les personnages du film sont malchanceux et prennent de mauvaises décisions.

George Clooney avoue avoir beaucoup appris aux côtés des réalisateurs avec lesquels il a tourné. Les frères Coen sont très efficaces selon lui, ils font des story-boards pour toutes leurs prises et obtiennent les images qu’ils veulent en allant de l’avant.

Au casting nous trouvons Julianne Moore qui incarne deux personnages. Celui de Rose, l’épouse de Gardner et sa soeur jumelle Margaret. Dans le rôle de Nicky, on découvre Noah Jupe, un jeune acteur âgé de 11 ans, celui-ci s’est fait remarquer dans la série «The Night Manager». Le jeune britannique a un bon accent américain et il assure devant la caméra.

L’équipe du film a posé ses valises à Fullerton, une banlieue au sud de la Californie. Sur place ils ont trouvé le décor parfait pour l’extérieur de la maison des Meyers ainsi qu’une douzaine d’autres propriétés de la bonne époque qui apparaissent dans un travelling au début de la projection.

Lorsque l’on commence à visionner «Bienvenue à Suburbicon», on ne se doute pas du tout que l’on a affaire à un film plein de surprises. Le scénario est bouleversant et des scènes sont parfois traumatisantes. On apprécie pourtant cette réalisation hors du commun. Le suspense est omniprésent et on est tenu en haleine jusqu’à la scène finale, elle aussi épique.

Ce Blu-Ray contient en bonus, les interviews de Matt Damon, Julian Moore, Noah Jupe, Oscar Isaac et George Clooney ainsi que des bandes-annonces de films.

 

  • «Bienvenue à Suburbicon» (Durée: 106 minutes)
  • Réalisateur: Georges Clooney
  • Scénaristes: Grant Heslov, Ethan Coen, Joel Coen & Georges Clooney.
  • Avec: Matt Damon (Gardner Lodge), Julianne Moore (Margaret / Rose), Noah Jupe (Nicky)
  • Production: Silver Pictures, Smokehouse Pictures, Black Bear Pictures, Dark Castle Entertainment
  • Distributeur: Ascot Elite
Bienvenue à Suburbicon : American Dream !
3.5Note Finale

A propos de l'auteur

Le cinéma est un lieu merveilleux, on y trouve de tout: des comédies (mon genre préféré), des films d'auteurs (que j'apprécie pour leur diversité), des documentaires plus ou moins passionnants, des blockbusters et d'autres types de films. Fan du cinéma français et des pays latins, j'en ai fait ma spécialité. Rédacteur depuis de nombreuses années, j'aime partager mes connaissances et découvertes. «Le cinéma est fait pour tous ceux dont la curiosité est le plus grand défaut» Claude Lelouch

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